À l’issue du monitoring de la session préliminaire de l’examen d’état, édition 2025-2026 dans le territoire de Demba, en province du Kasaï Central, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a rendu public, ce vendredi 08 Mai, son rapport final. Coordonnée au niveau territorial par Marcel Masanka Kabalu, cette organisation qui avait mis en place une mission d’observation dresse un bilan globalement calme sur le plan sécuritaire, mais met en lumière plusieurs dérives qui ont affecté le bon déroulement des épreuves.
D’après les observateurs de la NSCC, l’ouverture des centres d’examen a été effective sur l’ensemble du territoire, avec la présence des délégués attendus dans les différents sites. Le rapport souligne également qu’aucun incident sécuritaire majeur ni aucune perte en vie humaine n’ont été enregistrés durant cette période, un élément salué comme un signal encourageant dans l’organisation de cette activité éducative.
Mais derrière ce constat positif, plusieurs faiblesses préoccupantes ont été relevées. La coordination territoriale note d’abord un faible taux de participation des filles, estimé à 32 %, révélateur des difficultés persistantes d’accès des jeunes filles aux examens certificatifs. Les observateurs dénoncent également la multiplication de frais connexes jugés excessifs et non prévus par l’arrêté en vigueur, notamment les frais de caisse, de rapport de stage, de laboratoire et d’autres contributions imposées aux familles.
Le rapport mentionne aussi la vente et l’imposition d’uniformes aux finalistes, ainsi que le non-paiement des enseignants — qualifiés de « professionnels de la craie » — pour les mois de mars et avril. Selon la NSCC, cette situation a davantage fragilisé de nombreux ménages déjà confrontés à des difficultés économiques, au point d’empêcher certains finalistes de participer à cette session faute de moyens financiers.
Par ailleurs, l’organisation relève que certains chefs d’établissements auraient privilégié le paiement des frais de fonctionnement et de scolarité avant l’accès aux examens. Des cas de partialité dans la présentation des épreuves, de légers retards à l’ouverture et à la fermeture de certains centres, ainsi que des pratiques de clientélisme figurent également parmi les irrégularités consignées dans le rapport.
Face à ces constats, la Nouvelle Société Civile Congolaise formule plusieurs recommandations. Elle appelle à une meilleure motivation des enseignants en amont des activités de grande envergure, au renforcement de la vigilance et des capacités de toutes les parties prenantes, ainsi qu’à la multiplication des réunions stratégiques avec les comités de parents et les acteurs de la société civile. L’organisation plaide aussi pour que les finalistes disposent pleinement de leur droit de défense, que les auteurs d’antivaleurs soient sévèrement sanctionnés et que les frais exigés soient allégés, en particulier pour les filles et les catégories vulnérables.
La coordination territoriale de la NSCC à Demba, dirigée par Marcel Masanka Kabalu, a enfin exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des personnes ayant contribué à cette mission d’observation, aussi bien sur le terrain qu’à distance, pour la remontée d’informations jugées sensibles et utiles à l’amélioration du système éducatif local.
Lebon MULOMBA

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