Kasaï : Plus de 1 600 victimes sensibilisées sur la loi Fonarev pour la réparation et l’indemnisation à Kamako

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La cité frontalière de Kamako, dans le territoire de Tshikapa, a servi de cadre ce vendredi 13 mars 2026 à une vaste activité de sensibilisation organisée par l’Association Nationale des Victimes au Congo (ANVC), coordination provinciale du Kasaï Province.

Au total, plus de 1 600 personnes, majoritairement des victimes de violences sexuelles liées aux conflits, des victimes de guerre ainsi que des Congolais expulsés d’Angola, ont pris part à cette rencontre. L’activité a également connu la participation d’acteurs de la société civile, de leaders communautaires ainsi que d’autorités administratives et coutumières locales.

Selon Franck Tshilomba, coordonnateur provincial de l’ANVC/Kasaï, cette mission visait essentiellement à vulgariser la loi n°22/065 du 26 décembre 2022, qui fixe les principes fondamentaux relatifs à la protection et à la réparation des victimes en République démocratique du Congo.

Cette législation, communément appelée loi Fonarev, prévoit notamment des mécanismes d’indemnisation, de réparation et d’accompagnement des victimes des violations graves des droits humains.

« L’État congolais a pris des dispositions pour remettre les victimes dans leurs droits et punir les auteurs des exactions afin de garantir la non-répétition de ces actes. Malheureusement, cette loi reste encore peu connue par les populations, d’où notre présence ici à Kamako pour la faire connaître », a expliqué Franck Tshilomba.

Au cours de cette rencontre, les participants ont été appelés à s’approprier les dispositions de cette loi et à ne pas hésiter à dénoncer les violations dont ils ont été victimes afin de bénéficier des mécanismes de réparation prévus par l’État congolais.

« Le souci majeur est que cette loi soit connue de tous. Les victimes doivent connaître leurs droits et trouver le courage de dénoncer afin que l’État puisse procéder à leur indemnisation », a insisté le coordonnateur provincial de l’ANVC.

Dans le cadre du suivi de cette initiative, l’ANVC a procédé à la mise en place d’un comité local des victimes à Kamako. Cette structure aura pour mission de collecter les doléances, identifier les cas de violations des droits humains et les transmettre aux services compétents chargés de leur prise en charge.

Les bénéficiaires de cette sensibilisation ont salué l’initiative, estimant qu’elle contribue à restaurer l’espoir et la dignité des victimes, tout en sollicitant l’accompagnement continu de l’ANVC dans les démarches administratives et juridiques liées aux mécanismes de réparation.

Située à environ 170 kilomètres de la ville de Tshikapa, la cité de Kamako constitue un important point de passage entre la République démocratique du Congo et la province de Lunda Norte, ce qui en fait l’un des principaux centres d’accueil des Congolais expulsés d’Angola ces dernières années.

Par Innocent Kayembe depuis Kasaï

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