Dans une province où l’éducation reste un pilier fragile du développement, la sous-division de Kamuesha, dans le Kasaï 1, tire la sonnette d’alarme. En mission d’itinérance, le sous-proved a porté, ce mercredi 15 avril, un plaidoyer ferme auprès du ministre provincial de l’Éducation, mettant en lumière deux urgences majeures : les retards de salaires et le manque criant d’infrastructures scolaires.
Réunis à Kamuesha, chefs d’établissements et enseignants ont dressé un constat préoccupant. Les paiements tardifs, parfois irréguliers, plongent le corps enseignant dans une précarité persistante. Pour percevoir leur dû, certains enseignants sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres jusqu’à Tshikapa, une situation qui affecte directement leur motivation et la qualité de l’enseignement.
« Nous plaidons pour la régularisation rapide des salaires et l’accélération de la bancarisation pour un paiement de proximité », a déclaré Jacques Tshualu Kabeya, sous-proved de la sous-division de Kamuesha. « Nos enseignants ne peuvent continuer à enseigner dans de telles conditions. »
Au-delà des rémunérations, la question des infrastructures scolaires s’impose comme une autre urgence. Dans plusieurs localités, les écoles fonctionnent sous des abris de fortune, sans bancs ni latrines, exposant élèves et enseignants à des conditions d’apprentissage indignes.
Face à ces préoccupations, le ministre provincial de l’Éducation, Gérard Bosco Mundeke Kavundisa, a tenté de rassurer. Il a évoqué l’arrivée prochaine de solutions concrètes, notamment à travers le projet PAAF, destiné à soutenir la scolarisation des jeunes filles, et la mise en place progressive de la bancarisation pour faciliter les paiements locaux.
« Restez calmes. La bancarisation arrive chez vous. Le gouvernement provincial travaille pour rapprocher les services de paie des enseignants », a-t-il affirmé, promettant également la fin progressive des longues distances imposées aux enseignants pour accéder à leurs salaires.
Cette mission d’itinérance s’inscrit dans une volonté affichée des autorités provinciales de se rapprocher des réalités du terrain. Mais à Kamuesha, les attentes restent fortes. Pour les acteurs éducatifs, l’urgence n’est plus aux promesses, mais à des actions concrètes capables de redonner souffle à un système éducatif sous pression.
Passy Muima

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