Les États-Unis envisagent de transférer jusqu’à 1 100 Afghans ayant collaboré avec leurs forces vers la République démocratique du Congo, selon des informations révélées par une source humanitaire proche du dossier.
Cette piste intervient dans un contexte de blocage prolongé pour ces anciens alliés de Washington, actuellement hébergés au Qatar, après la suspension du programme américain de réinstallation.
Des ex-alliés toujours dans l’incertitude
Depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, ces Afghans parmi lesquels des interprètes de l’armée américaine, d’anciens membres des forces spéciales et leurs familles vivent dans une situation précaire.
Plus de 1 100 d’entre eux, dont plus de 400 enfants, sont actuellement logés sur le site de Camp As Sayliyah, une ancienne base militaire américaine au Qatar, initialement prévue comme centre de transit.
Pour Shawn VanDiver, cette option soulève de sérieuses inquiétudes. Selon lui, les réfugiés pourraient être contraints de choisir entre un retour en Afghanistan, sous régime taliban, ou une relocalisation en RDC.
« Pourquoi passer d’une crise humanitaire à une autre ? », s’interroge-t-il, estimant que la RDC ne constitue pas une destination sûre et adaptée.
Même son de cloche du côté de Andrew Sullivan, qui rappelle que ces personnes ont, pour certaines, déjà satisfait aux contrôles de sécurité exigés pour entrer aux États-Unis.
Une pression sur un pays déjà fragilisé
Selon les données des Nations unies, la RDC accueille déjà plus de 600 000 réfugiés, principalement originaires de la République centrafricaine et du Rwanda.
Dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes à l’Est et des attaques contre les camps de déplacés, plusieurs organisations de défense des droits humains s’inquiètent des capacités d’accueil du pays.
Une politique migratoire américaine durcie
Ce projet s’inscrit dans une orientation plus restrictive de la politique migratoire américaine, malgré les engagements pris envers les anciens collaborateurs afghans.
Entre août 2021 et mi-2025, plus de 190 000 Afghans ont pourtant été accueillis aux États-Unis après vérification de leur profil sécuritaire.
Aujourd’hui, la fermeture annoncée du camp de transit au Qatar accentue l’urgence d’une solution, sans que les modalités de transfert ou les pays impliqués ne soient encore clairement définis.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités congolaises.
À Washington, le département d’État évoque des « options responsables et volontaires », sans confirmer formellement un accord avec la RDC.
Par ailleurs, les États-Unis ont récemment conclu un partenariat distinct avec Kinshasa pour l’accueil de certains migrants en situation d’expulsion, accompagné d’un appui financier au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Plusieurs zones d’ombre persistent : ampleur réelle du projet, conditions de transfert et garanties de protection pour les personnes concernées.
Alors que les négociations se poursuivent, ce dossier met en lumière les tensions entre impératifs sécuritaires, obligations morales et réalités géopolitiques.
BIN

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