Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de faire réagir en République démocratique du Congo. À Kinshasa, René Mayilukila, acteur politique estime que le pays ne peut plus se limiter à une lecture figée des institutions face aux défis actuels, particulièrement dans un contexte marqué par la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays.
Pour lui, la RDC doit adapter ses mécanismes de gouvernance aux réalités de l’heure et penser à l’avenir au-delà de la guerre.
« On ne peut pas gagner une guerre de 2026 avec une Constitution de 2006 », affirme-t-il, estimant que les défis sécuritaires, politiques et institutionnels imposent aujourd’hui une réflexion profonde sur l’organisation de l’État.
René Mayilukila considère également que l’opposition congolaise actuelle peine à convaincre et à mobiliser la population, notamment à Kinshasa, pourtant reconnue comme le principal centre de mobilisation politique du pays.
Selon lui, au-delà de son opposition au changement de la Constitution, une grande partie de la classe politique opposée à cette réforme ne présente pas encore d’alternatives suffisamment claires ni de projet concret capable de répondre aux attentes des Congolais.
Il rappelle que l’histoire politique récente du pays a connu des périodes où l’opposition réussissait à fédérer largement l’opinion publique, citant notamment la mobilisation portée autrefois par l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social durant les années du régime de Joseph Kabila. À ses yeux, la dynamique actuelle ne produit pas la même force politique ni le même impact populaire.
Pour René Mayilukila, la situation sécuritaire dans l’Est ne doit pas empêcher l’État de poursuivre les réformes institutionnelles qu’impose l’évolution du pays. Il estime qu’une guerre localisée sur une partie du territoire national ne peut pas suspendre toute réflexion constitutionnelle, alors que les institutions continuent de fonctionner et que le pays doit également préparer l’après-conflit.
Au cœur du débat, la question reste profondément politique : faut-il maintenir le cadre constitutionnel de 2006 tel qu’il existe ou engager une réforme pour adapter la gouvernance aux réalités de 2026 ? Une discussion qui continue d’alimenter la scène publique congolaise et de diviser la classe politique.
Lelo

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