Malgré l’occupation de la ville d’Uvira par les rebelles du M23, le trafic sur l’axe routier Bukavu-Uvira reste fonctionnel, au prix de conditions de circulation particulièrement difficiles. Ce tronçon long de près de 125 kilomètres, qui traverse la plaine de la Ruzizi, demeure un lien vital entre les deux pôles urbains, mais souffre d’un délabrement avancé qui pénalise fortement les usagers.
Selon des témoignages recueillis auprès de conducteurs et passagers, le trajet, qui durait habituellement entre trois et quatre heures, peut désormais atteindre huit heures. En cause : les nombreux nids-de-poule, les affaissements de terrain et surtout les fossés antichars creusés lors des derniers affrontements, avant la chute de la ville d’Uvira.
« La route est devenue un calvaire, mais nous n’avons pas d’autre choix que de la prendre. Heureusement, jusqu’ici, nous n’avons pas rencontré d’hommes armés », confie un chauffeur de taxi-bus.
Malgré ce contexte sécuritaire tendu, aucune attaque n’a été signalée sur cette voie depuis sa réouverture, ce qui rassure en partie les opérateurs économiques et les voyageurs. Toutefois, la dégradation des infrastructures freine les activités commerciales et met en péril l’approvisionnement de certaines localités.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour interpeller les autorités provinciales et nationales sur l’urgence de réhabiliter ce corridor stratégique. La persistance du trafic démontre la volonté des populations de continuer à vivre et à commercer malgré le conflit, mais cette résilience ne saurait remplacer l’action de l’État.
Un plan d’urgence d’entretien et de sécurisation de cet axe est attendu pour garantir la libre circulation des personnes et des biens, condition essentielle à toute dynamique de paix durable dans cette partie de l’Est congolais.

+ There are no comments
Add yours