Nord-Kivu : Arlette Maghulu alerte sur la flambée des prix et la pression fiscale aux frontières

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La situation économique dans l’est de la République démocratique du Congo suscite de vives inquiétudes.

Dans une déclaration publique ce lundi 27 avril 2026, l’ingénieur Masika Maghulu Arlette, Secrétaire de l’Alliance des Congolais pour la défense des intérêts du peuples (ACDIP) en ville de Butembo, a lancé un appel pressant aux autorités nationales face à la dégradation des conditions de vie des populations locales.

S’exprimant la détresse des habitants de Kasindi, Beni et Butembo, elle a dressé un tableau préoccupant marqué par la hausse continue des prix des produits de première nécessité tels que le riz, la farine et le sucre. À cela s’ajoute l’augmentation du coût des matériaux de construction, rendant difficile l’accès à un logement décent pour de nombreuses familles.
« Aujourd’hui, une mère ne parvient plus à nourrir ses enfants, un jeune ne peut plus lancer son activité, et un commerçant est contraint d’augmenter ses prix pour survivre », a-t-elle déclaré, illustrant l’impact direct de cette crise sur le quotidien des citoyens.

La responsable de l’ACDIP à Butembo dénonce également une sur taxation « inquiétante et abusive » observée dans les postes douaniers de Kasindi, Beni et Butembo. Selon elle, ces pratiques, au lieu de soutenir l’économie locale, contribuent à l’asphyxier en alourdissant les coûts des marchandises.

Face à cette situation, plusieurs revendications ont été formulées, notamment la réduction ou l’exonération des taxes sur les produits de première nécessité, la suppression des pratiques de sur taxation et la mise en place de mesures urgentes pour soulager les populations du Nord-Kivu.
Sur le plan juridique, Ir. Masika Maghulu Arlette rappelle que certaines dispositions de la Constitution de la RDC sont mises à mal. L’article 47 garantit le droit à la santé et à une alimentation suffisante, tandis que l’article 48 consacre le droit au logement. Par ailleurs, l’article 36 protège la liberté du commerce et de l’industrie, un principe qui, selon elle, est compromis par les charges fiscales excessives.

Elle évoque également le principe de proportionnalité fiscale, selon lequel les taxes doivent rester justes et adaptées à la réalité économique. Une pression fiscale excessive pourrait ainsi être considérée comme abusive au regard du droit.
La déclaration souligne en outre le rôle de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), censée protéger l’économie, faciliter le commerce et générer des recettes publiques sans nuire à la population.

Dans ce contexte tendu, marqué notamment par une grève déclenchée par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à Kasindi pour protester contre la hausse des tarifs douaniers, Ir. Masika Maghulu Arlette appelle les institutions nationales à intervenir rapidement afin d’éviter une aggravation de la crise.
« Il y a urgence. Le bien-être de la population est en jeu », a-t-elle conclu, insistant sur la nécessité d’actions concrètes pour restaurer des conditions de vie dignes dans la province du Nord-Kivu.

AMISI Jackson depuis Butembo

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