Depuis quatre ans, la colline de Kele, dans la ville de Tshikapa au Kasaï, vit une situation tragique et inacceptable : l’absence d’eau potable aux robinets de la REGIDESO. Cet oubli criant de la part des autorités met en lumière non seulement l’inefficacité des services publics, mais aussi l’indifférence face aux besoins fondamentaux des citoyens.

L’origine de cette crise remonte à l’effondrement du pont Kasaï en octobre 2020, un événement qui a non seulement coupé l’approvisionnement en eau de la région, mais a également mis en péril la vie quotidienne de milliers de personnes. Bien que le pont ait été réhabilité, ainsi que la tuyauterie, l’eau ne coule toujours pas dans les robinets de Kele. Ce paradoxe soulève des questions sur la gestion des infrastructures et la responsabilité des autorités locales et nationales.

La colline de Kele, qui englobe les communes de Mabondo et Mbumba, est désormais condamnée à dépendre de sources d’eau non sécurisées, comme les rivières et les puits. Cette situation expose la population à des maladies hydriques, compromettant ainsi leur santé et leur bien-être. Les enfants, les personnes âgées et les plus vulnérables sont les plus touchés par cette crise.

L’accès à l’eau potable est un droit fondamental. Le manque d’eau potable entraîne une hausse des maladies telles que le choléra, la diarrhée et d’autres infections et surtout la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans. Ces maladies, souvent évitables, frappent durement les communautés déjà fragilisées par des conditions de vie précaires. Les hôpitaux, déjà débordés, peinent à faire face à cette nouvelle vague de patients.

Après l’effondrement du pont, les députés provinciaux et nationaux, élus du Kasaï, avaient plaidé pour la construction de forages en attendant la réhabilitation complète des infrastructures. Quatre ans plus tard, ces promesses sont restées lettre morte. Les élus, qui avaient promis d’agir, semblent avoir oublié leurs engagements, laissant la population dans l’angoisse et le désespoir.

Il est impératif que les autorités prennent conscience de l’urgence de la situation. La population de Kele ne peut plus attendre. Des solutions doivent être mises en place immédiatement :
- Réhabilitation de l’infrastructure: Assurer que la tuyauterie et les systèmes d’approvisionnement en eau soient pleinement fonctionnels.
- Construction de forages: Mettre en œuvre le projet de forages promis pour fournir une source d’eau potable alternative.
- Sensibilisation et éducation: Informer la population sur les risques liés à l’utilisation de sources d’eau non sécurisées et les mesures d’hygiène à adopter.
- Engagement des élus: Les représentants du peuple doivent être tenus responsables et s’assurer que les besoins de leurs électeurs sont satisfaits.
La situation à Kele est un exemple flagrant de l’inefficacité des services publics et de l’indifférence des élus face aux besoins de leurs concitoyens. Il est temps que la voix de la population soit entendue et que des actions concrètes soient entreprises pour garantir l’accès à l’eau potable. La dignité humaine et le droit à la santé ne doivent pas être compromis. Kele mérite mieux, et il est de notre devoir de ne pas laisser cette situation perdurer.
Pierrette Kanday/Rédaction

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