Après les deux marches politiques qui ont récemment secoué la ville de Tshikapa, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) livre son analyse sur les enjeux démocratiques au cœur de l’actualité en République démocratique du Congo.
Dans une interview accordée à , le coordonnateur provincial de l’ACAJ, Me Joseph Kabandila, est revenu sur les deux manifestations organisées à Tshikapa.
La première, portée par la coalition de l’opposition C64, visait notamment à dénoncer toute initiative de révision ou de changement de la Constitution, ainsi qu’un éventuel troisième mandat. La seconde, organisée le 22 septembre 2026 par l’UDPS et ses alliés, avait pour objectif de soutenir le changement constitutionnel et la tenue du dialogue national.
Sur le plan sécuritaire, Me Joseph Kabandila salue le dispositif mis en place par les autorités lors de ces manifestations. Il estime que la marche de l’opposition a été encadrée par la Police nationale congolaise afin de permettre aux manifestants d’exercer leur droit constitutionnel de manifester.
L’ACAJ appelle l’opposition à aller au-delà des slogans
Pour l’ACAJ, le débat sur la Constitution devrait également porter sur les arguments juridiques et institutionnels qui justifieraient ou non sa modification.
« L’opposition tend à barricader la route à toute initiative liée au changement de la Constitution, mais la question qu’il faut se poser, c’est : qu’est-ce que vous apportez comme question de droit à débattre ? Présentement, ce qui est à analyser, c’est pourquoi la Constitution doit être changée ? Quelles sont les motivations de la révision constitutionnelle ? », s’interroge Me Kabandila.
Le coordonnateur provincial de l’ACAJ estime par ailleurs que l’annonce du dialogue national par les autorités peut être considérée comme une démarche susceptible de répondre aux préoccupations exprimées dans le débat politique actuel.
Concernant la marche organisée par l’UDPS et ses alliés, l’ACAJ considère ces mobilisations comme une expression du pluralisme démocratique, chaque camp pouvant faire valoir ses positions dans le respect des règles en vigueur.
Loi référendaire : l’ACAJ rappelle le processus parlementaire
Abordant la question de la loi référendaire, Me Kabandila affirme que le texte a été adopté par les deux chambres du Parlement et qu’il resterait, selon lui, les étapes institutionnelles prévues avant sa mise en œuvre.
Il souligne également le contraste entre les différentes positions exprimées dans le débat constitutionnel : certains acteurs s’opposent à toute modification de la Constitution, tandis que d’autres défendent la nécessité de revoir certaines dispositions.
« Une marche ne se mesure pas au nombre »
Pour l’ACAJ, l’importance d’une manifestation politique ne devrait pas uniquement être évaluée à partir du nombre de participants.
« La marche ne doit pas se solder par la popularité ou l’effectif de citoyens dans les rues, plutôt elle doit être soldée par les attentes. Si les attentes sont conformes à la Constitution et aux besoins primaires des citoyens, qu’est-ce que la population veut ? Qu’est-ce que les tenants des mouvements politiques peuvent apporter à cette population comme discours ? », conclut Me Joseph Kabandila.
Innocent Kayembe

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