RDC : À Oicha, la DYFEGOU veut transformer les survivants des massacres en acteurs de paix

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À Oicha, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU) entend franchir une nouvelle étape dans l’accompagnement des survivants des massacres. À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée chaque 21 septembre, la coordinatrice de cette organisation, Rose Kahambu Tuombeane, a effectué une mission dans la région pour encourager les victimes à devenir des acteurs engagés dans la recherche de la justice et la consolidation de la paix.

Selon la DYFEGOU, cette démarche vise à dépasser la seule logique d’assistance aux personnes affectées par les violences. L’organisation souhaite désormais renforcer leur capacité à porter eux-mêmes leur voix, à documenter les exactions et à participer aux initiatives en faveur de la paix.

Du soutien psychosocial à la responsabilisation

Depuis plusieurs années, la DYFEGOU accompagne les populations affectées par les violences dans l’est de la République démocratique du Congo. Ses interventions portent notamment sur l’accompagnement psychosocial, la documentation des violations des droits humains ainsi que la réinsertion socio-économique des victimes.

Des femmes survivantes ont notamment bénéficié de formations professionnelles et d’un appui leur permettant de relancer des activités génératrices de revenus.

Mais pour Rose Kahambu Tuombeane, il est désormais nécessaire d’aller plus loin.

« Plus de fois nous avons mené des plaidoyers avec les victimes, mais maintenant nous voulons aller vers cette transition qui peut nous conduire jusqu’à leur responsabilisation. Qu’ils quittent ce statut de victime pour devenir des acteurs et actrices de la paix », a-t-elle déclaré.

Le RESOPEJ comme cadre d’action

Cette nouvelle orientation s’appuie notamment sur le RESOPEJ, le Réseau de relèvement solidaire pour la paix et la justice. Cette structure rassemble des hommes et des femmes survivants de violences, notamment originaires de Butembo, Oicha, Mbau et des localités environnantes.

Pour la coordinatrice de la DYFEGOU, les témoignages et l’expérience de ces survivants constituent une ressource importante dans la recherche de la vérité et de la justice.

Elle estime que leur mémoire peut contribuer à maintenir vivante l’histoire des violences ayant affecté plusieurs communautés de l’est du pays, notamment celles attribuées à différents groupes armés.

« Leur histoire et leur expérience sont une école pour notre pays. Mettre leur leadership au service de la nation est essentiel pour la recherche de la vérité et de la justice », a-t-elle souligné.

La DYFEGOU appelle à renforcer la réparation

Rose Kahambu Tuombeane salue par ailleurs les efforts de prise en charge médicale des victimes, notamment à travers les interventions du Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles et autres crimes (FONAREV) dans certains établissements de santé de Beni, Mbau et Butembo.

Elle insiste toutefois sur la nécessité d’une réparation économique durable. De nombreuses victimes et personnes déplacées ont abandonné leurs villages, leurs champs et leurs activités à la suite des violences.

Pour la DYFEGOU, leur accompagnement doit donc également permettre leur réinsertion et la reconstruction de leurs moyens de subsistance.

L’organisation appelle enfin les victimes qui restent dans le silence, notamment en raison de la peur ou des traumatismes, à rejoindre cette dynamique collective.

À travers le RESOPEJ, la DYFEGOU veut ainsi faire de l’expérience des survivants un levier de sensibilisation, de justice et de consolidation de la paix dans le Grand Nord-Kivu.

AMISI Jackson | Investigateur.net

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