Crash à Kenge : Maître Jean Ishukwe Wabenga dénonce le silence de plusieurs pays de la région

Estimated read time 3 min read

Le crash aérien survenu vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, a plongé la République démocratique du Congo dans le deuil. L’accident a coûté la vie à plusieurs personnes, parmi lesquelles deux hauts responsables de la justice militaire : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, Premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC.

En réaction à cette tragédie, le gouvernement congolais a décrété trois jours de deuil national et ordonné la mise en berne des drapeaux sur l’ensemble du territoire jusqu’à l’inhumation des victimes. Une enquête a également été ouverte afin de déterminer les circonstances et les causes exactes de l’accident.

Mais au-delà de la réponse nationale, la réaction internationale suscite des interrogations. Dans une analyse rendue publique après le drame, Maitre Ishukwe Wabenga Jean s’étonne notamment de ce qu’il présente comme la faible visibilité des messages de condoléances provenant des pays de la région.

« 72 heures après, à part le président du Burundi, aucun autre message de condoléances des pays de la région », déplore-t-il.

Le président burundais Évariste Ndayishimiye a effectivement adressé un message de compassion au président Félix Tshisekedi, aux familles des victimes, au haut commandement des FARDC et au peuple congolais, affirmant la solidarité du Burundi avec la RDC.

Pour Maître Ishukwe Wabenga, cette situation doit susciter une réflexion sur l’état des relations entre Kinshasa et ses partenaires régionaux, particulièrement dans le domaine sécuritaire et militaire.

« Avons-nous encore une coopération militaire crédible ? Avons-nous des relations diplomatiques ou des amis ? », s’interroge-t-il.

L’avocat estime que ce qu’il perçoit comme un déficit de réactions diplomatiques constitue un signal qui mérite d’être examiné avec attention. Il met notamment en avant la nécessité d’une diplomatie active, au-delà des prises de parole dans les grands rendez-vous internationaux.

« La diplomatie ne se résume pas dans le discours à New York », soutient-il, considérant que les gestes de solidarité entre États, notamment dans les moments de deuil national, participent également à la lecture des relations diplomatiques.

Ces déclarations interviennent alors que la RDC traverse une période marquée par d’importants enjeux sécuritaires dans la région des Grands Lacs et par une coopération étroite avec certains partenaires régionaux. Le Burundi, notamment, entretient une coopération sécuritaire avec Kinshasa et son président a publiquement réaffirmé la solidarité de son pays après le crash de Kenge.

Le constat avancé par Me Ishukwe Wabenga reste toutefois une appréciation politique et diplomatique. L’absence de messages publics immédiatement visibles ne permet pas, à elle seule, de conclure à une rupture ou à un affaiblissement de la coopération entre la RDC et ses voisins.

En attendant les conclusions de l’enquête sur le crash, le débat se poursuit donc également sur la portée diplomatique des réactions suscitées par la disparition de deux figures majeures de la justice militaire congolaise.

Lelo

+ There are no comments

Add yours