ENSEMBLE POUR LA RÉPUBLIQUE : LA CRISE QUE LE PARTI VEUT ENCORE APPELER UN « MALENTENDU AGGRAVÉ »

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La dislocation semble de plus en plus visible au sein de l’Ensemble pour la République. Pourtant, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti de Moïse Katumbi, préfère parler d’un « malentendu aggravé », plutôt que d’une véritable crise. Une formule qui se veut rassurante, mais qui peine à masquer les fissures apparues au sein de cette formation politique.

Si le secrétaire général juge prématuré de parler de crise, les faits, eux, envoient déjà des signaux préoccupants. La suspension d’Hervé Diakiese a notamment ouvert une séquence de tensions qui dépasse désormais le simple différend entre responsables du parti.

La prise de position d’Olivier Kamitatu est particulièrement révélatrice. Figure historique de l’entourage de Moïse Katumbi, il a dénoncé le non-respect du principe du contradictoire dans la procédure ayant conduit à la suspension de Diakiese. Une sortie qui intervient moins d’une semaine après la décision du parti et qui met directement en lumière les divergences au sein de sa direction.

Cette situation pose une question fondamentale : jusqu’où peut aller la contestation interne sans provoquer une véritable rupture ?

La suspension de Diakiese pourrait-elle entraîner d’autres départs ? La question mérite d’être posée, d’autant que Kamitatu affiche désormais une proximité politique avec le responsable suspendu, lui-même fils de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, figure historique et emblématique du Katanga.

Pour Moïse Katumbi, le risque est donc loin d’être négligeable. Un éventuel départ d’Olivier Kamitatu aurait une portée politique bien plus importante que celle d’un simple changement individuel. Kamitatu demeure l’une des personnalités historiques de sa famille politique et l’un de ses principaux lieutenants.

Dans les milieux politiques et militants proches de l’Ensemble, des informations évoquent déjà un possible départ de Kamitatu. Mais à ce stade, rien ne permet d’affirmer officiellement qu’il aurait décidé de quitter le parti. La prudence reste donc de mise face aux rumeurs annonçant une démission ou une éviction imminente.

Reste que ses prises de position pourraient être perçues par le directoire comme une remise en cause de l’autorité de la direction. Dès lors, l’hypothèse de nouvelles sanctions n’est plus totalement à écarter.

Au-delà du cas Diakiese-Kamitatu, c’est une bataille plus profonde qui semble se dessiner : celle de l’influence, de la discipline, de la hiérarchie et surtout du leadership au sein de l’Ensemble pour la République.

La question du leadership de Moïse Katumbi se retrouve ainsi au centre des interrogations. Éloigné du fonctionnement quotidien du parti, le président de l’Ensemble est-il suffisamment maître de sa machine politique ? Son entourage, auquel il accorde sa confiance, exerce-t-il une influence devenue difficile à contrôler ? Les événements récents donnent matière à débat.

La politique congolaise entre par ailleurs dans une période particulièrement sensible. Avec la perspective d’un dialogue, les repositionnements deviennent possibles. La C64 comme l’Union sacrée disposent de leurs propres réseaux et peuvent chercher à attirer de nouvelles figures politiques. Dans ce contexte, chaque départ, chaque rapprochement et chaque prise de position peut prendre une dimension stratégique.

Pour l’Ensemble pour la République, l’enjeu est désormais de savoir si cette séquence restera un simple « malentendu aggravé » ou si elle constituera le prélude à une véritable recomposition interne.

La cloche d’alarme semble avoir sonné. Reste à savoir si Moïse Katumbi parviendra à préserver l’unité de son parti avant que les fissures ne deviennent des fractures.

Rédaction

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