La détention du secrétaire sportif ad intérim de l’US Socozaki de Butembo, Égide Milonde, au cachot de l’Auditorat militaire supérieur du Maniema, à Kindu, suscite de nombreuses interrogations sur le plan juridique.
Selon des sources proches du dossier, il est poursuivi pour une présumée grivèlerie, en rapport avec le non-paiement allégué des frais de logement de deux entraîneurs, de membres du staff technique ainsi que de joueurs de l’US Socozaki lors du séjour du club à Kindu.
Au-delà des faits reprochés, plusieurs observateurs s’interrogent sur la compétence de la juridiction militaire à connaître de cette affaire. Égide Milonde étant un civil et les faits évoqués ne présentant, à première vue, aucun caractère d’infraction militaire, des voix s’élèvent pour demander des éclaircissements sur les fondements juridiques ayant conduit à la saisine de l’Auditorat militaire.
Ces interrogations sont d’autant plus marquées que la province du Maniema n’est pas placée sous état de siège, régime exceptionnel qui peut, dans certaines circonstances, modifier les règles de compétence des juridictions.
Cette affaire relance ainsi le débat sur les limites du principe de l’unicité du ministère public, ainsi que sur la répartition des compétences entre les juridictions civiles et militaires. Pour plusieurs juristes, une clarification s’impose afin de garantir une bonne administration de la justice, le respect des droits des justiciables et le strict respect des règles de compétence prévues par la loi.
AMISI Jackson, journaliste.

+ There are no comments
Add yours