Un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group et le Center on International Cooperation dresse un constat préoccupant de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon cette étude, le Mouvement du 23 mars, appuyé par son bras politique, l’Alliance Fleuve Congo, contrôle désormais plus de 10 000 km² dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, contre seulement quelques kilomètres carrés il y a quatre ans, autour du mont Sabyinyo.
Une progression territoriale rapide et structurée
Le rapport retrace une expansion progressive mais soutenue du mouvement rebelle :
- Juin 2022 : prise de la ville stratégique de Bunagana
- Fin 2023 : contrôle quasi total du territoire de Rutshuru
- Fin 2024 : extension à Masisi
- Janvier–février 2025 : prise de Goma et Bukavu, deux grandes agglomérations totalisant près de trois millions d’habitants
Le document souligne que le mouvement a doublé son emprise territoriale chaque année, consolidant progressivement son contrôle administratif et sécuritaire sur les zones conquises.
Pressions internationales et recompositions
En décembre 2025, malgré la signature d’un accord-cadre de paix à Doha, l’AFC/M23 a poursuivi son avancée vers Uvira, avant de se retirer en janvier 2026 sous pression américaine, illustrant les tensions persistantes autour de la mise en œuvre des engagements régionaux.
Contrôle stratégique des ressources minières
Le rapport met également en lumière un enjeu économique majeur :
le contrôle par le groupe armé de 45 sites miniers recensés en septembre 2025.
Ces sites produisent notamment :
- du coltan
- de la cassitérite
- de l’or
Cette mainmise sur les ressources naturelles confère au mouvement une capacité financière significative, renforçant son influence dans la région et compliquant davantage les efforts de stabilisation. Une situation toujours volatile
Cette expansion territoriale et économique du Mouvement du 23 mars met en évidence la fragilité persistante de la sécurité dans l’Est de la RDC, malgré les initiatives diplomatiques en cours.
Le rapport appelle à un engagement accru des acteurs nationaux et internationaux pour contenir la progression du groupe et restaurer l’autorité de l’État dans ces zones stratégiques.
Rédaction

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