Kinshasa — Dans un contexte sécuritaire et politique toujours tendu en République démocratique du Congo, la question d’un dialogue avec les groupes armés refait surface. Interrogé par le journaliste Mails Tshibangu, Me Grâce Tshiunza Tantamika s’y oppose fermement, dénonçant une option qu’il juge dangereuse et contre-productive.
Ancien militant engagé, ayant consacré une grande partie de sa jeunesse aux côtés de Étienne Tshisekedi wa Mulumba, Me Tshiunza revendique un parcours marqué par la lutte pour l’accession de l’Union pour la Democratie et le Progrès Social ( UDPS) parti au pouvoir en République Démocratique du Congo. Une trajectoire qui, selon lui, n’a pas été reconnue à sa juste valeur depuis l’arrivée à la magistrature suprême de Félix Tshisekedi.
Il exprime notamment une profonde frustration envers la gestion actuelle du pouvoir, pointant du doigt l’influence de Augustin Kabuya, qu’il accuse d’avoir contribué à marginaliser certains cadres historiques du parti au profit de nouveaux cercles proches du régime.
Malgré ce sentiment d’exclusion, Me Tshiunza insiste : sa frustration personnelle ne saurait justifier un quelconque soutien aux groupes rebelles actifs dans l’Est du pays. Il évoque notamment les violences persistantes dans les villes de Goma et Bukavu, où les populations continuent de payer un lourd tribut.
« Dialoguer avec les rebelles ou leurs alliés ne constitue pas une solution viable. On ne peut pas résoudre un problème avec ceux qui l’ont créé », affirme-t-il avec fermeté.
Selon lui, une telle démarche risquerait d’encourager la prolifération d’autres groupes armés, certains pouvant être tentés d’utiliser la frustration politique comme levier pour légitimer des actions violentes.
À l’opposé d’un dialogue avec les groupes armés, Me Tshiunza plaide pour un échange direct entre le pouvoir et le peuple congolais. Il appelle le président à recentrer son action politique sur les attentes des citoyens, notamment dans le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle.
« Le seul dialogue nécessaire est celui avec le peuple souverain », soutient-il, estimant que toute initiative de changement institutionnel doit être précédée d’une large consultation populaire.
Il exhorte ainsi Félix Tshisekedi à faire preuve de pédagogie politique et à convaincre directement les Congolais de la pertinence de ses projets, plutôt que de s’appuyer sur des intermédiaires ou des conseillers qu’il qualifie de “flatteurs”.
En conclusion, Me Tshiunza met en garde contre toute stratégie perçue comme un contournement de la volonté populaire. Pour lui, la stabilité du pays dépendra de la capacité des autorités à rester à l’écoute du peuple, tout en évitant des compromis avec des acteurs armés responsables de violences.
Dans un pays marqué par des décennies de conflits, ce débat sur le dialogue reste au cœur des enjeux politiques et sécuritaires, révélant les profondes fractures qui traversent encore la société congolaise.
Rédaction

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