Nombreux sont ceux qui par ignorance pensent que les ADF ne violent pas les femmes, au contraire, aucune rébellion en RDC n’a autant dénigré et violé les femmes plus que les ADF. (des témoignages recueillis auprès des femmes ex otages).
Dans les différents camps des ADF, chaque personne à un rôle à jouer. Généralement les enfants sont utilisés pour tuer par couteau ou armes à feu, mais les femmes jouent plusieurs rôles, je ne me limiterai qu’à 3.
1/Servir du repos aux guerriers (esclave sexuel)
«Quand vous êtes enlevées et amenées dans une base des ADF, on vous sépare des hommes en vous amenant dans un endroit réservé uniquement aux femmes dans le camp. Sur place, il ya des femmes combattantes ADF qui se chargent de votre surveillance pour ne pas fuir»
m’a confié une femme qui a passé 3 ans dans plusieurs camps des ADF.
Le combattant qui se sent dans l’envie d’avoir une femme peu importe son âge adresse une demande auprès d’un chef qui lui amène un groupe des femmes otages en lui demandant de se choisir celle qu’il veut. Apres le choix, le chef du camp donne une bâche au nouveau couple pour qu’il s’erige un abris de fortune où il vivra comme mari et femme.
«Une fois tu es choisie, tu n’as pas le droit de refuser, si non on t’egorge devant tout le monde pour servir d’exemple. Malheur à toi si tu te fais choisir par un vulnérable (blessé de guerre, incapable de se prendre en charge pour ses besoins primaires),tu deviens son assistante en tout,»
relate une femme, ancienne épouse à un combattant ADF blessé.
Lorsque des nouvelles femmes otages arrivent au camp,le commandant a le droit de se choisir une autre femme, surtout les plus jeunes. À partir même de l’âge de 11 ou 12 ans, une fille enlevée par les ADF peut déjà appartenir à un homme.
Si votre beauté attire le commandant, vous avez la chance de vivre un peu mieux que d’autres femmes.
Votre vie en couple dépend essentiellement de la volonté de votre homme, il couche avec vous quand il veut, vous n’avez pas le droit de lui refuser le sexe.
Lorsqu’il n’est pas parti pour une mission, il passe un long moment en train de coucher avec vous. Vous avez en quelques sortes le devoir de satisfaire le combattant qui considère ce moment comme celui du repos.
Dans les camps des ADF, même des petits enfants âgés de 12 ,13 ans,… peuvent s’ils le veulent disposer d’une femme relate une autre ancienne otage. Elle poursuit que dans les camps des ADF, toute tentative de regroupement familial est interdit, on sépare les enfants de leurs parents, selon leurs sexes,…
«Un jour j’ai appelé l’épouse de Mzee Mulalo que je servais comme perceuse « Maman leki » celà a failli me coûter la vie, elle m’a rappelée avec insistance que je ne suis pas de sa famille, même si je l’étais, dans le Mwalika domaine où nous étions, il n’y a pas de lien de parenté entre les gens « »
raconte une jeune fille sortie des griffes des ADF.«À peine qu’on nous a kidnappé à Boikene en 2017, on nous a conduit d’abord à Kididiwe puis à domaine Mwalika où on nous a séparé, moi et mon petit frère dont je ne connais plus le sort »»
relate une autre fille.
2/Génitrices des combattants qui vont assurer la relève de la lutte dans les décennies à venir
Les enfants nés et grandis dans les camps des ADF sont les plus dangereux, les plus impitoyables, les plus radicaux, un peu difficiles à deradicaliser, parce qu’ils sont nés et élevés dans la violence, la seule activité qu’ils connaissent c’est tuer, on leur apprend l’art de tuer de façon sauvage en leur disant qu’en dehors de cette activité, il n’y a pas une autre vie selon un ancien otage des ADF. Il affirme que les femmes enlevées qui tombent enceintes ont le droit de rester dans le camp à partir d’un certains Mois.
Après la naissance, la mère s’occupe de son bébé jusqu’à un certains âge avant que celui-ci ne lui soit retiré pour être endoctriné soit auprès d’une femme pour les filles ou un homme pour les garçons.
Pour les ADF, les enfants sont donc un produit de luxe qu’il faut élever pour en faire une vraie machine à tuer, c’est pourquoi les ADF tuent rarement les enfants pendant les attaques, ils les amenent avec eux.
Ainsi, les femmes kidnappées donnent naissance à des nouveaux combattants qui serviront la cause ADF.
Cependant, certaines femmes parviennent à fuire avec leurs enfants.
3/Transporteuses des butins
Les attaques menées par les ADF, sont souvent bien structurées, chronométrées et chaque personne, membre du mouvement a un rôle à jouer pendant une attaque.
Les uns pour tuer, d’autres pour piller, d’autres encore pour surveiller les otages, d’autres pour évacuer les blessés et les autres pour transporter les cadavres des combattants tués.
Les femmes pour la plupart pendant les incursions jouent le rôle de transporteuses des biens pillés dans les boutiques, structures de santé, dans les champs,… pour les amener au camp.
Parfois les femmes otages peuvent être envoyer chercher des vivres dans les champs proches des agglomérations.
«De fois on nous envoyait pour chercher les champignons (Buyoka) dans les brousses pour le commandant »»
nous a confié une ancienne otage des ADF.«Un jour, nous avons transporté des vivres de la forêt de Mamove jusqu’à Madina (situé dans l’ancienne base de Kyandenga)dans la forêt Ouest de la route Ndalya Komanda. Nous étions toutes des femmes, surveillée par des femmes ADF et les vivres dont les poissons ,…nous les avons déposé au Sheikh Seka Baluku»
a-t-elle poursuivi.
Les femmes du Nord Kivu est de l’Ituri sont les plus grandes victimes de la guerre des ADF, elles perdent leurs époux, leurs enfants, mais aussi leurs dignités en servant d’objets de plaisir sexuel pour les rebelles ADF.
Elles sont nombreuses encore en vie, otages des ADF et n’ont aucune porte de sortie. Elles ont peur de revenir dans leurs milieux d’origine parce qu’elles pensent que la communauté va les achever ou elles seront victimes de stigmatisation. Elle donnent involontairement naissance à des combattants radivalistes qui, une fois qu’ils ne sont pas sortis de brousse constituent le noyau très dure des ADF.
La Rédaction

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