La hausse des tarifs douaniers observée depuis le début de l’année 2026 à la sous-direction territoriale de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) à Kasindi suscite de vives réactions dans la province du Nord-Kivu.
Parmi les voix qui s’élèvent figure celle de l’ingénieure Arlette Masika Maghulu, secrétaire exécutive urbaine à Butembo du parti Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP). Celle-ci appelle à un ajustement urgent des tarifs afin d’en atténuer les répercussions économiques et sécuritaires.
Des effets immédiats sur l’économie locale
S’exprimant devant la presse mercredi 18 février à Butembo, l’actrice politique a relayé les inquiétudes des opérateurs économiques de la région.
Selon elle, la hausse tarifaire appliquée à la frontière de Kasindi, dans le territoire de Beni, risque de provoquer une paralysie du commerce local ainsi qu’une raréfaction de certains produits de première nécessité.
Ce poste frontalier constitue l’un des principaux points d’entrée commerciaux de l’Est de la République démocratique du Congo, reliant la province aux marchés régionaux. Toute modification tarifaire y produit donc un impact direct sur l’approvisionnement de villes comme Butembo et Beni.
Risques de contournement et enjeux sécuritaires
Au-delà de la question du pouvoir d’achat, Arlette Maghulu alerte sur un phénomène qu’elle juge préoccupant : le contournement du poste douanier officiel.
D’après ses déclarations, certains importateurs choisiraient de faire déclarer leurs marchandises dans des zones sous occupation du Mouvement du 23 mars (M23) avant d’acheminer les cargaisons vers des centres urbains sous contrôle gouvernemental, notamment Butembo et Beni, pour y être déchargées.
Une telle pratique, si elle se confirmait, entraînerait une double conséquence : une perte de recettes pour l’État congolais et le risque de consolidation de circuits économiques échappant au contrôle des autorités officielles.
Plaidoyer pour des mesures adaptées
Pour décourager ces pratiques, la cadre de l’ACDIP invite le directeur provincial de la DGDA à appliquer « des tarifs adaptés à la situation d’insécurité qui prévaut dans la région ».
Elle estime qu’un ajustement temporaire, tenant compte du contexte sécuritaire exceptionnel que traverse le Nord-Kivu, permettrait à la fois de soulager les populations et d’inciter les opérateurs économiques à déclarer leurs marchandises dans les circuits officiels.
Elle plaide également pour des mesures strictes contre le déchargement de marchandises déclarées dans des zones non contrôlées par le gouvernement, afin de préserver l’autorité de l’État et l’équité fiscale.
Un appel aux autorités nationales
Rappelant que les populations du Nord-Kivu subissent déjà les effets conjugués de l’insécurité et de l’instabilité économique, Arlette Maghulu estime que « le peuple n’a pas besoin d’un fardeau supplémentaire lié à la cherté de la vie ».
Elle appelle, par ailleurs, le président de l’Assemblée nationale, attendu dans la province ce jeudi, à s’imprégner de la situation et à porter ce dossier au niveau national.
Contactée, la DGDA n’avait pas encore réagi à ces préoccupations au moment de la publication. La rédaction indique poursuivre les démarches afin d’obtenir la version des services douaniers sur cette question aux implications économiques et sécuritaires majeures pour le Nord-Kivu.
Rédaction

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