À Butembo au Nord-Kivu , la commémoration du 28ᵉ anniversaire du massacre de Kikyo s’est tenue ce mardi 14 avril 2026 dans un climat de recueillement et d’émotion. Près de 300 personnes avaient été tuées en 1998 le 14 Avril dans les cellules Mihake, Kikyo, Kalemire et Furu, certaines victimes ayant été enterrées vivantes lors d’opérations militaires menées dans la ville.
À l’époque, les forces armées qui contrôlaient Butembo assimilaient toute présence civile dans les rues à l’ennemi, dans un contexte de traque des combattants mayi-mayi ayant fait incursion dans la zone. Cette chasse à l’homme avait conduit à des exactions massives contre des populations innocentes.
Vingt-huit ans plus tard, la mémoire reste vive et les blessures toujours ouvertes. Présent aux côtés des familles endeuillées et des survivants, le député provincial Chafi Muhindo Musitu a personnellement pris part à la cérémonie d’hommage. Une présence symbolique forte, traduisant l’engagement de cet élu à porter la mémoire collective et à accompagner la douleur des victimes.
Devant la presse, l’élu a interpellé la communauté internationale, dénonçant l’impunité persistante autour de ce drame. « Les coupables sont connus et ils sont toujours en vie », a-t-il affirmé, appelant à des actions concrètes pour que justice soit rendue.
Au-delà du devoir de mémoire, Shafi Musitu insiste sur la nécessité de rompre le silence et de traduire les responsables en justice. Pour lui, se souvenir du massacre de Kikyo ne saurait se limiter à des commémorations annuelles, mais doit s’accompagner d’un véritable engagement contre l’impunité.
En donnant une portée internationale à cette tragédie locale, l’élu rappelle que Kikyo demeure un symbole des violences subies par les civils dans l’est de la République démocratique du Congo. Un appel pressant à la conscience du monde, pour que de tels crimes ne restent ni oubliés, ni impunis.
AMISI Jackson depuis Butembo

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