Le parti d’opposition Ensemble pour la République a publié, ce lundi, une déclaration politique dans laquelle il réaffirme son attachement à un dialogue national inclusif, tout en rejetant le cadre de dialogue proposé par le Président de la République, Félix Tshisekedi.
Cette prise de position s’inscrit dans le prolongement de l’initiative conjointe lancée le 15 janvier 2025 par la CENCO et l’ECC, visant l’adoption d’un Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en République démocratique du Congo.
Un dialogue jugé indispensable pour sortir de la crise
Ensemble pour la République estime que le dialogue national demeure une nécessité vitale pour restaurer l’unité nationale, rétablir la paix et mettre fin aux crises politiques, sécuritaires et sociales que traverse le pays. Toutefois, le parti souligne qu’un tel dialogue ne peut être crédible que s’il est conduit sous une médiation morale et neutre, à l’image de celle proposée par la CENCO et l’ECC.
Selon la formation politique, toute démarche excluant des acteurs clés de la vie nationale serait vouée à l’échec.
Rejet d’un dialogue jugé non inclusif
Dans sa déclaration, Ensemble pour la République précise qu’un dialogue national ne saurait être une simple rencontre entre alliés politiques ni une concession du pouvoir. Le parti affirme dialoguer pour s’attaquer aux causes profondes de la crise et non pour conforter des positions acquises.
C’est dans ce contexte qu’il rejette le dialogue proposé par le Président Tshisekedi, qualifié de « simulacre », estimant qu’il ne répond ni aux exigences d’inclusivité ni à celles de crédibilité.
Des préalables exigés avant toute participation
Le parti de Moïse Katumbi conditionne toute participation à un dialogue crédible à plusieurs préalables, notamment :
- la levée des condamnations à caractère politique ;
- la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion ;
- la fin des poursuites judiciaires à motivation politique ;
- la levée des restrictions sur les passeports et la liberté de circulation des opposants ;
- l’arrêt de toute répression contre les voix dissidentes.
Pour Ensemble pour la République, ces mesures constituent le minimum de confiance nécessaire à l’ouverture d’un dialogue sincère.
Mise en garde sur la Constitution
La formation politique dénonce également les contradictions du Chef de l’État, l’accusant de refuser un dialogue politique interne tout en négociant avec le groupe armé AFC/M23 à Doha, hors du territoire national.
Elle met en garde contre toute tentative de révision ou de modification de la Constitution, rappelant que celle-ci limite clairement le nombre de mandats présidentiels.
« Le Président Félix Tshisekedi est actuellement dans son second et dernier mandat, qui s’achève en 2028 », insiste le parti.
Soutien aux initiatives régionales de paix
En conclusion, Ensemble pour la République renouvelle son soutien aux efforts du Président angolais João Lourenço et à ceux de l’Union africaine, sous la médiation du Président togolais Faure Gnassingbé, en faveur d’une solution politique africaine et durable aux crises sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
BIN

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