Nord-Kivu : Le mouvement citoyen Anti-gang scelle un pacte de vigilance communautaire avec la jeunesse de Beni et les FARDC

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Le mouvement citoyen Anti-gang a clôturé, ce mercredi 14 janvier 2026, sa mission de monitoring sécuritaire menée dans la ville et le territoire de Beni, en province du Nord-Kivu, par la conclusion d’un pacte de collaboration communautaire avec la jeunesse locale et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Cette initiative vise à renforcer la vigilance communautaire face à la menace persistante des rebelles ADF, responsables de nombreuses exactions contre les populations civiles dans cette partie du pays.
Composée de membres venus de Butembo et de Beni, la délégation d’Anti-gang a multiplié les rencontres avec les autorités militaires et administratives, ainsi qu’avec les acteurs de la société civile, dans le cadre de la préparation de sa campagne de sensibilisation baptisée « Terrorisons le terroriste ».
Selon les responsables du mouvement, cette stratégie repose sur la mise en place de mécanismes de surveillance communautaire, destinés à permettre aux populations locales de détecter et signaler rapidement les mouvements suspects des combattants ADF, afin de réduire les pertes humaines avant l’intervention des forces de sécurité.
La mission a débuté par une audience auprès du commandant des opérations militaires Sokola 1 Grand Nord, le général de brigade Joseph Mugisa Muleka. Celui-ci a salué une initiative qu’il a jugée conforme à la vision du rapprochement civilo-militaire. En présence du commandant du Service d’éducation civique et patriotique des FARDC (SECAS), le haut responsable militaire a exhorté les jeunes à soutenir l’armée et à se désolidariser de toute action susceptible de compromettre la sécurité.
Les membres d’Anti-gang ont également rencontré l’administrateur militaire adjoint du territoire de Beni, le colonel Marcel, la bourgmestre de la commune d’Oicha, chef-lieu du territoire, ainsi que plusieurs officiers des FARDC.
À Oicha, la délégation a visité plusieurs sites de massacres attribués aux ADF. Accompagnés de membres du Conseil territorial de Beni, les activistes ont recueilli les témoignages poignants des survivants.
« La souffrance de la population est indescriptible », a déclaré Oswald Mumbere, président du mouvement Anti-gang, à l’issue de cette visite.
Le point culminant de cette mission a été la conclusion d’un pacte de collaboration entre le mouvement Anti-gang et le Conseil territorial de la jeunesse de Beni. Cet accord verbal vise à institutionnaliser des mécanismes communautaires de lutte contre les ADF, en complément de l’action des forces de sécurité.
Le président du Conseil territorial de la jeunesse, Janvier Kasereka Kasayiryo, a salué une démarche qu’il qualifie de salvatrice pour la population locale, soulignant qu’elle vient renforcer des initiatives déjà en cours sur le terrain, grâce à un partage d’expériences jugé bénéfique.
Sans dévoiler les détails opérationnels de cette collaboration, les parties ont annoncé le lancement imminent de formations axées sur la résilience communautaire, la détection des infiltrés et la prévention des attaques.
Cette synergie entre population, jeunesse et forces de sécurité apparaît comme une dynamique nouvelle et porteuse d’espoir dans la lutte contre les massacres récurrents qui endeuillent le territoire de Beni et, plus largement, l’est de la RDC.

AMISI Jackson, de retour d’Oicha.

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