À Butembo, dans la province du Nord-Kivu, un citoyen interpelle les leaders politiques sur le choix des lieux de rassemblements populaires. Dans une lettre ouverte datée du 14 janvier 2026, Reagan Malikidogo appelle plusieurs figures politiques locales à renoncer à l’organisation de meetings au rond-point VGH, communément appelé Monument historique, et à privilégier des sites plus adaptés.
Cette correspondance est adressée notamment à l’honorable Rémy Mukweso, député national, à l’ancienne députée nationale Mbambu Mughole Juliette, ainsi qu’à l’honorable Mbindule Mitono Crispin, tous annoncés pour des meetings politiques dans ce lieu emblématique de la ville.
Un engagement politique salué, mais un site jugé inadapté
Dans sa lettre, Reagan Malikidogo commence par saluer l’engagement de ces leaders en faveur de la population de Butembo.
« Leurs efforts pour rendre compte à la population et partager leurs propositions sont louables », reconnaît-il, avant d’exprimer des préoccupations liées aux conséquences pratiques de tels rassemblements dans un espace urbain sensible.
Selon lui, le rond-point VGH, bien que symbolique, ne répond plus aux exigences logistiques, sécuritaires et sociales des grands meetings politiques.
Fluidité de la circulation et accès aux services d’urgence
Premier argument avancé : la perturbation de la circulation routière. Situé au cœur de la ville, le rond-point VGH constitue un carrefour stratégique reliant plusieurs axes majeurs.
Son occupation par des foules entraîne, selon l’auteur de la lettre, une paralysie du trafic, avec des répercussions directes sur la mobilité des habitants et l’acheminement des services d’urgence, souvent contraints de contourner de longs embouteillages.
Un impact négatif sur le petit commerce
Autre préoccupation majeure : la fragilisation du petit commerce local. Autour du rond-point VGH, de nombreux ménages vivent des activités commerciales informelles exercées sur les trottoirs et dans les rues adjacentes.
Les meetings politiques, explique-t-il, provoquent la fermeture temporaire des voies, une insécurité accrue et l’interruption forcée des activités économiques, occasionnant des pertes financières importantes pour des familles déjà vulnérables.
Des sites alternatifs proposés
Dans une démarche constructive, Reagan Malikidogo avance plusieurs solutions alternatives. Il propose l’organisation des meetings dans des espaces plus adaptés tels que les salles Reine de la Paix et SYPA, ou encore les stades Matokeo, Tsakatsaka et de l’ITAV.
Selon lui, ces sites offriraient plus de sécurité, une meilleure capacité d’accueil et permettraient de préserver à la fois la fluidité du trafic et la vitalité économique du centre-ville.
« Ce serait une preuve supplémentaire de votre respect pour la population au nom de laquelle vous agissez », conclut-il dans sa lettre.
Un contexte sécuritaire sensible
Ce plaidoyer intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, la ville de Butembo, à l’instar de l’ensemble du Nord-Kivu, demeurant sous état de siège. Dans ce cadre exceptionnel, les manifestations publiques sont strictement encadrées, voire limitées, par les autorités.
Pour Reagan Malikidogo, maintenir des meetings politiques dans des zones non adaptées pourrait compromettre les efforts de stabilisation et accentuer les tensions dans une ville placée sous surveillance militaire.
Journaliste et activiste des droits de l’enfant, il appelle ainsi les responsables politiques à faire preuve de responsabilité et de sens civique, en conciliant expression démocratique et respect des réalités quotidiennes des habitants de Butembo.
Reste à savoir si cet appel citoyen sera entendu par les leaders politiques concernés.
AMISI Jackson, depuis Butembo.

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