Une initiative significative a été lancée, lundi 15 décembre 2025, dans le marché de Kangolongolo à Tshikapa, au Kasaï, par l’organisation « Appui des jeunes à la protection des droits des opprimés, femmes et enfants » (AJPDOFE). Cet événement vise à sensibiliser les parents concernant la lutte contre le mariage précoce des jeunes filles.
M. Bernard Muntu, chargé de programme de l’AJPDOFE, a rappelé que le mariage précoce constitue un obstacle majeur à l’épanouissement des jeunes filles congolaises. « Nous appelons les parents et la communauté à se mobiliser contre cette pratique, qui est souvent encouragée par des rites traditionnels dans certaines familles», a-t-il déclaré lors d’un entretien avec notre rédaction.
La sensibilisation s’inscrit dans le cadre de la campagne de 16 jours d’activisme qui a pour objectif de mettre en lumière les violences faites aux femmes et aux enfants. M. Muntu a souligné que l’extrême pauvreté des familles contribue de manière significative à la persistance des mariages précoces. Il a insisté sur la nécessité d’une réappropriation des valeurs par les jeunes filles elles-mêmes, tout en soulignant l’importance du soutien parental.
Les conséquences du mariage précoce sont nombreuses et souvent dévastatrices. M. Muntu a mis en lumière que ce phénomène constitue une barrière au développement des jeunes filles. « Les parents doivent surveiller de près l’éducation de leurs filles », a-t-il déclaré, tout en appelant l’État à prendre des mesures concrètes, tels que la création de centres de formation professionnelle et de sensibilisation à l’éducation sexuelle.
« Il est crucial de promulguer une loi interdisant les mariages précoces et d’établir des centres d’encadrement spécialisés pour aider les jeunes filles à prendre conscience de leur potentiel et à sortir de l’ignorance », a-t-il conclu.
Le mariage précoce demeure une réalité préoccupante dans le Kasaï, notamment dans les zones rurales où les traditions sont profondément enracinées. Malgré des lois strictes visant à protéger les mineurs, des sanctions sévères sont prévues pour les tuteurs et les personnes impliquées dans de tels unions, la mise en pratique de ces lois reste un défi.
L’initiative de l’AJPDOFE témoigne d’une volonté collective de briser le cycle de la pauvreté et de l’ignorance en offrant aux jeunes filles les moyens de s’épanouir pleinement.
Passy MUIMA

+ There are no comments
Add yours