L’annonce du retrait du M23 par Corneille Naanga : aveu de faiblesse sous pression américaine ?Analyse du journaliste Israël NTUMBA

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Depuis la signature de l’accord de paix à Washington, Corneille Naanga, coordinateur de la rébellion AFC-M23, n’a jamais reconnu ce processus. Il a toujours affirmé ne pas être concerné, préférant se référer à l’accord de Doha (Qatar). Pour lui, les membres du M23 sont des Congolais, et leur situation devrait se résoudre entre Congolais, par un dialogue interne. Une position que partagent certains leaders politiques comme Joseph Kabila, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sessanga, la CENCO ou encore l’ECC.

Mais coup de théâtre.
Suite à la chute de la ville d’Uvira, un appel venu directement de la Maison Blanche à Kigali aurait exigé un retrait immédiat des rebelles des zones occupées. Corneille Naanga, sans contester la ligne de son mentor Paul Kagame, a aussitôt publié un communiqué annonçant le retrait.

Ce revirement soulève plusieurs interrogations fondamentales :

  • Naanga a-t-il simplement obéi à la volonté de Kigali ?
  • Se sent-il désormais concerné par l’accord de Washington qu’il rejetait hier ?
  • Les pressions exercées sur Paul Kagame par les États-Unis ont-elles eu un impact direct sur la rébellion ?
  • Le retrait demandé par les USA exonère-t-il les auteurs présumés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité ?

Cette volte-face semble valider la position du gouvernement congolais qui accuse depuis longtemps le M23 d’être une force supplétive du Rwanda.

Par ailleurs, ce contexte relance la pertinence des rapports accablants de Human Rights Watch, notamment celui faisant état de violences sexuelles suivies d’exécutions, qualifiées de crimes contre l’humanité. Ces actes, disent les défenseurs des droits humains, ne resteront pas impunis, même avec le temps.

Un avertissement :
Aux Congolais qui, aujourd’hui, participeraient à de tels actes : l’histoire ne pardonne pas. Ceux qui ont commis l’irréparable hier en paient encore le prix, vingt ans plus tard.

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