Ce mercredi à 11h30, la ville stratégique d’Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, est passée sous le contrôle du M23, appuyé par l’armée rwandaise, sans qu’aucun affrontement ne soit signalé. Une progression éclair qui plonge la population dans la peur et l’incertitude.
Jusqu’à l’aube, la situation semblait stable. Les Forces armées de la RDC (FARDC) tenaient encore leurs positions, selon le gouverneur Jean-Jacques Purusi et des notables locaux. Les habitants reprenaient timidement leurs activités, convaincus que le calme revenait.
Mais peu avant midi, un revirement spectaculaire s’opère : les rebelles du M23 font leur entrée dans la cité d’Uvira, sans résistance. Des témoins décrivent des colonnes de combattants progressant silencieusement vers Kavinvira, à la frontière burundaise:
« Nous les voyons passer, mais personne n’ose sortir. La peur est totale », témoigne un résident du quartier Kiromoni.
Selon des sources sécuritaires, les FARDC avaient déjà évacué la ville depuis la veille, se repliant vers Swima, Makobola et Baraka, dans le territoire de Fizi.
Aucune déclaration officielle n’a été faite par les autorités provinciales au moment de la rédaction de cet article.
Cette occupation surprise d’Uvira, après une matinée marquée par des démentis officiels sur la situation sécuritaire, constitue un tournant majeur dans l’évolution du conflit dans la région. Elle intervient quelques mois après la prise de Bukavu par les rebelles, faisant d’Uvira le dernier bastion administratif encore sous contrôle de Kinshasa au Sud-Kivu.
Le silence des autorités et la rapidité de la prise d’Uvira soulèvent de nombreuses interrogations sur la stratégie militaire Congolaise et la coordination des opérations dans cette région frontalière, désormais à la merci d’un ennemi solidement positionné.
Alex Diya

+ There are no comments
Add yours