Alors que la guerre dans l’Est de la République Démocratique du Congo continue de faire rage, le journaliste d’investigation, chroniqueur politique et chercheur en droit international Azarias Mokonzi appelle à une mobilisation nationale urgente pour faire face à la menace rebelle, dénonçant une classe politique profondément divisée, incapable de répondre efficacement à la gravité de la situation.
Dans son post sur les réseaux sociaux ce mercredi 10 décembre, Azarias Mokonzi déplore le climat de méfiance généralisée qui règne entre les institutions et les citoyens, au moment où le pays traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente:
« La guerre menée par procuration via le M23, soutenu par le Rwanda, progresse. Pendant ce temps, notre classe politique se livre à une guerre stérile. La majorité veut tout contrôler, l’opposition ne pense qu’à renverser le pouvoir en place. Et au milieu, le peuple paie le prix fort », a-t-il affirmé.
Cet appel intervient dans un contexte où la rébellion du M23 intensifie ses offensives, mettant en péril la cohésion sociale et la stabilité du pays. Les Forces Armées Congolaises peinent à contenir l’avancée des rebelles, pendant que la communauté internationale reste peu réactive.
Pour Azarias Mokonzi, il est temps que les dirigeants Congolais, toutes tendances confondues, mettent de côté leurs ambitions personnelles pour sauver ce qui peut encore l’être:
« Nous devons combattre d’une seule voix, dans une même direction. La guerre n’épargne personne, elle frappe à toutes les portes. L’histoire jugera ceux qui auront choisi le silence ou la division. »
Ce message fort pourrait marquer un tournant si, et seulement si, il est entendu et suivi d’actes concrets. En attendant, l’Est du pays continue de brûler.
Selon lui, pendant que les rebelles continuent de tuer, de piller et de détruire des infrastructures essentielles, certains acteurs politiques préfèrent se réfugier dans des querelles internes, évitant de dénoncer directement les auteurs de ces crimes:
« Il est regrettable de constater que certains opposants évitent de nommer les véritables coupables de ces atrocités, préférant imputer toute la responsabilité au seul chef de l’État », ajoute-t-il.
Azarias Mokonzi dénonce également la montée du tribalisme, du népotisme, de la corruption et des détournements de fonds publics, qu’il qualifie de « plaies ouvertes dans les couloirs du pouvoir ». Il estime que la population est abandonnée à elle-même, croupissant dans une misère intolérable.
Face à ce constat, Mokonzi lance un appel solennel à l’unité nationale :
« Si nous voulons voir l’alternance démocratique dans un Congo uni et souverain, nous devons d’abord défendre l’intégrité territoriale de notre pays. La priorité aujourd’hui, ce n’est pas le calendrier électoral, mais la survie de la nation. Nous aurons le temps de débattre des erreurs plus tard. »
En somme, face à la persistance de la menace sécuritaire et à la fragilité du tissu institutionnel, l’heure n’est plus aux querelles partisanes. L’appel d’Azarias Mokonzi rappelle l’urgence d’une mobilisation nationale fondée sur l’unité, la responsabilité et la défense de l’intégrité territoriale. Car au-delà des clivages, c’est l’avenir même de la République qui sejoue.
Alex Diya depuis Kinshasa

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