En tournée nationale pour consulter la jeunesse congolaise, la ministre de la Jeunesse, Grâce Émie Kutino, a échangé mardi 11 novembre 2025 avec les jeunes de Tshikapa. Si son message d’espoir a été bien accueilli par certains, d’autres voix, à l’instar de Bosco Yamba Kakenga, dénoncent une démarche sans impact concret.
Mais cette visite n’a pas fait l’unanimité. Intervenant après la rencontre, Bosco Yamba Kakenga, coordonnateur national de l’Encadrement de la Jeunesse Congolaise (EJC-ASBL), s’est montré particulièrement critique envers la démarche de la ministre.
« Madame Grâce Kutino n’avait pas besoin de venir à Tshikapa pour rappeler ce que tout le monde sait déjà : la pauvreté, le chômage, la marginalisation des jeunes. Un dirigeant ne se plaint pas, il agit », a-t-il lancé.
Selon lui, la ministre aurait « raté l’occasion de se taire », estimant que la politique nationale de la jeunesse déjà en vigueur englobe les problèmes évoqués par la patronne du ministère.
« Pourquoi vouloir rédiger une nouvelle politique alors que celle existante aborde déjà ces questions ? Il faut de la cohérence et du sérieux », a-t-il ajouté, dénonçant une « opération de communication sans fond ».
Des critiques sur la méthode et la représentativité locale
Bosco Yamba a également fustigé l’absence de mesures concrètes issues de cette rencontre :
« Elle a dit elle-même connaître les besoins des jeunes. Qu’est-ce qui l’empêche donc d’agir ? Dans son passage, rien de concret n’a été proposé. On aurait dit une séance de prière plus qu’un échange politique », ironise-t-il.
Il n’a pas épargné le président du Conseil provincial de la jeunesse du Kasaï, qu’il accuse de « discours complaisant » et de « manque de représentativité réelle ».
« S’il avait conscience de sa mission, il aurait déjà démissionné. C’est une honte pour toute la province », a-t-il conclu.
Une tournée nationale en cours
La ministre Grâce Émie Kutino poursuit néanmoins sa tournée à travers le territoire national. L’objectif affiché est de revoir la politique nationale de la jeunesse afin de « mieux répondre aux besoins réels des jeunes Congolais », selon son cabinet.
Reste à savoir si ces consultations aboutiront à des actions concrètes ou si, comme le redoutent certains, elles ne seront qu’un nouvel exercice de communication politique.
Passy Muima-Correspondance du Kasaï

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