Les incendies à répétition qui frappent la ville de Bukavu ces derniers jours suscitent une vive inquiétude au sein de la population. Des familles endeuillées, des maisons détruites et des biens réduits en cendres : le bilan de ces sinistres rappelle une nouvelle fois la vulnérabilité de la ville face aux incendies.
Face à cette situation, Maitre Ishukwe Wabenga Jean, citoyen congolais, appelle les autorités et la population à ne plus se limiter à constater les dégâts après chaque drame. Dans une proposition citoyenne rendue publique le 13 septembre 2026, il estime qu’il est désormais urgent de privilégier la prévention et de mettre en place des mesures durables.
« On ne peut plus seulement pleurer après chaque incendie. Il faut agir », soutient-il.
Parmi les mesures proposées figure notamment l’instauration d’un contrôle technique obligatoire des installations électriques dans toutes les maisons de Bukavu. Me Ishukwe Wabenga Jean préconise que ces contrôles soient effectués par des électriciens qualifiés et agréés, en collaboration avec la SNEL et la Mairie de Bukavu. Chaque habitation devrait, selon lui, disposer d’une attestation de conformité électrique après inspection.
Il propose également qu’un délai d’un mois soit accordé aux habitants avant le début des contrôles, afin de leur permettre de faire vérifier leurs installations par des professionnels. En cas de danger constaté, le propriétaire devrait disposer d’un délai pour procéder aux travaux nécessaires. Les installations non conformes pourraient ensuite faire l’objet de mesures appropriées, conformément à la réglementation. L’attestation devrait par ailleurs être renouvelée périodiquement afin de permettre un suivi de l’état des installations électriques.
Le citoyen s’inquiète également du mélange, dans certaines habitations, de plusieurs sources d’énergie, notamment le courant de la SNEL, les panneaux solaires et les groupes électrogènes, à travers des branchements parfois réalisés de manière artisanale.
Pour lui, ces installations doivent être strictement encadrées. Lorsqu’un ménage souhaite utiliser plusieurs sources d’électricité, il propose que les raccordements soient réalisés uniquement par des techniciens qualifiés, avec des dispositifs appropriés permettant de basculer d’une source à une autre en toute sécurité, plutôt que par des branchements improvisés.
La question des incendies criminels est également évoquée dans sa proposition. Alors que des rumeurs circulent dans certaines avenues faisant état d’incendies qui seraient volontairement provoqués, Me Ishukwe Wabenga Jean appelle à prendre ces allégations au sérieux tout en laissant aux autorités compétentes le soin de mener les enquêtes nécessaires pour établir les responsabilités.
Il préconise, dans ce contexte, une collaboration renforcée entre les chefs d’avenues, les jeunes, les habitants et les autorités. Des campagnes de sensibilisation pourraient être organisées dans les quartiers et des mécanismes communautaires de vigilance mis en place afin de faciliter l’alerte et la prévention des actes criminels.
Autre problème soulevé : le morcellement abusif des parcelles et la forte densification de certaines zones de Bukavu. « On ne peut pas construire cinq maisons sur une parcelle de 10 mètres sur 10 mètres », estime-t-il, considérant que cette urbanisation anarchique contribue à la propagation rapide des incendies et complique considérablement l’intervention des services de secours.
Il appelle ainsi les autorités à renforcer l’application des règles d’urbanisme et à mettre fin aux nouveaux morcellements qui ne respectent pas les normes.
À plus long terme, Me Ishukwe Wabenga Jean plaide pour une véritable ré-urbanisation de Bukavu. Il relève notamment les difficultés d’accès de certains quartiers pour les véhicules anti-incendie, en raison de l’étroitesse ou du mauvais état de certaines voies.
Il propose la mobilisation d’un fonds important destiné à un vaste programme de ré-urbanisation de la ville, comprenant notamment la réouverture de certaines voies dans les avenues, l’aménagement et le nivellement de certains axes ainsi que la création de passages suffisamment accessibles aux véhicules de secours.
Pour les habitations qui seraient touchées par ces opérations, il insiste sur la nécessité d’une délocalisation menée dans la dignité, dans le respect de la loi et avec un accompagnement approprié des personnes concernées.
À travers ces propositions, Me Ishukwe Wabenga Jean entend susciter une réflexion sur les moyens de réduire durablement les risques d’incendie à Bukavu. Pour lui, la lutte contre ces sinistres ne doit plus être uniquement une question d’intervention après le déclenchement du feu, mais doit également reposer sur la prévention, le respect des normes électriques et urbanistiques, l’amélioration de l’accessibilité des quartiers et la mobilisation de la communauté.
« Pleurer nos morts est nécessaire. Mais empêcher d’autres familles de connaître la même douleur est un devoir », conclut-il.
Lelo

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