RDC : « Tshisekedi tourne la page de l’héritage diplomatique de Mobutu envers Israël » estime Willy Makumi Motosia

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Le journaliste et analyste Willy Makumi Motosia estime que le projet de rapprochement entre la République démocratique du Congo et Israël marque une rupture historique avec l’orientation diplomatique adoptée par le maréchal Mobutu au début des années 1970.

Dans une analyse intitulée « Du frère arabe à l’allié israélien : Tshisekedi face à l’héritage diplomatique de Mobutu », il rappelle que le 4 octobre 1973, le Zaïre avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël au nom de la solidarité avec le monde arabe et du soutien à la cause palestinienne.

Selon lui, plus de cinquante ans après cette décision, Kinshasa semble emprunter une trajectoire opposée en envisageant le transfert de son ambassade de Tel-Aviv vers Jérusalem, un geste diplomatique hautement symbolique dans un dossier qui demeure l’un des plus sensibles de la politique internationale.

Pour Willy Makumi Motosia, ce changement reflète l’évolution des priorités de la diplomatie congolaise. Alors que Mobutu inscrivait son action dans une logique de solidarité politique avec les pays arabes et africains, le pouvoir actuel privilégierait davantage une approche fondée sur les intérêts stratégiques et économiques de la RDC.

L’analyste souligne qu’Israël est aujourd’hui perçu par Kinshasa comme un partenaire potentiel dans plusieurs domaines, notamment la sécurité, les nouvelles technologies, l’agriculture, les infrastructures et les investissements.

Toutefois, il relève que le choix de Jérusalem reste un sujet particulièrement sensible sur la scène internationale en raison du statut contesté de la ville et des tensions persistantes liées au conflit israélo-palestinien.

« En choisissant Jérusalem, la RDC ne déplace pas seulement une ambassade ; elle déplace aussi le curseur de sa politique étrangère », conclut Willy Makumi Motosia, estimant que ce repositionnement pourrait avoir des répercussions diplomatiques dépassant largement le cadre des relations bilatérales entre Kinshasa et Tel-Aviv.

À travers cette réflexion, l’auteur met en lumière le contraste entre deux époques et deux visions de la diplomatie congolaise : celle de la solidarité idéologique défendue par Mobutu et celle du pragmatisme stratégique qui semble guider aujourd’hui les choix du président Félix Tshisekedi.

Lelo

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