La décision du gouvernement congolais de suspendre les activités académiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle de Me Ishukwe Wabenga Jean, qui estime que cette mesure soulève de sérieuses interrogations sur l’avenir de la jeunesse et la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique, l’avocat estime que les arguments avancés pour justifier cette suspension, notamment la préservation de la souveraineté nationale, ne tiennent pas suffisamment compte des réalités vécues par les populations dans les zones concernées.
Pour Me Ishukwe Wabenga, le gouvernement devrait davantage s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité et privilégier la recherche d’une solution durable plutôt que de multiplier les mesures administratives.
« Le nécessaire pour le moment n’est pas de multiplier les arrêtés, mais de trouver la solution au problème de fond : comment ramener la paix dans le pays », soutient-il.
L’avocat met également en garde contre ce qu’il qualifie de risque de soudanisation de la RDC. Selon lui, la suspension progressive de certaines activités essentielles dans les territoires affectés par les conflits pourrait accentuer les fractures territoriales et contribuer à éloigner davantage les populations des institutions nationales.
Il appelle ainsi les membres du gouvernement à proposer au chef de l’État des mécanismes permettant de favoriser un retour rapide à la paix et de garantir, autant que possible, la continuité des services essentiels.
Me Ishukwe Wabenga estime par ailleurs qu’un État responsable doit évaluer les conséquences de ses décisions avant leur application. À ses yeux, la défense de la souveraineté nationale ne devrait pas se faire au détriment du droit des jeunes à poursuivre leur formation.
S’adressant directement aux étudiants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l’avocat les invite à préserver leur indépendance d’esprit et à faire de la protection de leur avenir leur priorité.
« Votre seule boussole doit être la protection de votre avenir. Au final, les politiciens signeront les accords, mais les premiers à subir les conséquences seront les jeunes », a-t-il déclaré.
Cette prise de position relance ainsi le débat sur la nécessité de concilier les impératifs sécuritaires avec la continuité de l’éducation dans les zones touchées par les conflits.
Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’Est du pays, la question reste posée : comment protéger les étudiants tout en évitant que les mesures sécuritaires ne compromettent davantage leur parcours académique et leur avenir ?
Lelo

+ There are no comments
Add yours