Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo durcit le ton sur les conditions devant encadrer le dialogue national en République démocratique du Congo. Pour le chef de l’État, la participation au processus politique ne peut découler ni de la prise d’armes ni d’une conquête militaire.
« Nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la nation tout en prenant les armes contre elle », a déclaré Félix Tshisekedi, réaffirmant ainsi sa position selon laquelle la violence ne peut constituer un moyen d’obtenir une légitimité politique.
Le président congolais insiste notamment sur le rôle du suffrage populaire dans la légitimation du pouvoir. « Aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît aux citoyens. Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a-t-il martelé.
Cette position intervient alors que le chef de l’État a confirmé, en juillet 2026, son accord pour l’organisation d’un dialogue national inclusif, à la suite d’une rencontre avec les représentants des principales confessions religieuses. La démarche est présentée comme un moyen de consolider la paix, la cohésion nationale et la stabilité des institutions.
Mais pour Félix Tshisekedi, l’ouverture au dialogue ne signifie pas l’abandon des principes républicains. Déjà en juin, dans son adresse à la Nation, il avait affirmé que le dialogue ne devait ni servir d’instrument de pression ni contourner les institutions ou remettre en cause la volonté populaire.
Le chef de l’État avait également souligné que la République restait ouverte à ceux qui choisissent « la voie de la paix, du dialogue, du respect des institutions et de la loyauté envers la Nation », tout en rejetant le recours aux armes comme mode d’expression politique.
Dans ce contexte, le message présidentiel trace une frontière claire : le dialogue politique peut être inclusif, mais la prise d’armes ne saurait devenir un passeport pour accéder à la légitimité nationale.
Alors que les discussions autour du dialogue national se poursuivent, cette position de Félix Tshisekedi pourrait constituer l’une des principales lignes de fracture dans les débats sur les modalités et la composition de ce processus politique.
Lebon Mulomba

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