Le débat sur la culture du cannabis en République démocratique du Congo continue de susciter des réactions. Alors que les autorités et certains experts mettent en avant les opportunités économiques, médicales et industrielles de cette filière, des voix appellent à la prudence afin d’éviter les dérives liées à une production non contrôlée.
Porte-parole du BUREC à Butembo, Djimy Kalwaghe estime que le cannabis, communément appelé bangi, ne devrait pas être systématiquement diabolisé. Pour lui, l’enjeu principal réside dans la mise en place d’un cadre légal et réglementaire permettant de contrôler sa production et ses différents usages.
Selon lui, le chanvre pourrait représenter une opportunité pour la RDC dans plusieurs secteurs, notamment la médecine, l’industrie et l’économie. Il estime que cette filière pourrait contribuer à la création d’emplois et à la génération de revenus, à condition que le pays s’inspire des expériences étrangères et mette en place des mécanismes de contrôle efficaces.
Toutefois, Djimy Kalwaghe met en garde contre une culture anarchique du cannabis. Une telle situation pourrait, selon lui, favoriser la consommation illicite et exposer davantage les jeunes aux produits dérivés du cannabis.
Il propose ainsi que la production soit réservée à des sociétés et coopératives agricoles agréées, soumises à un système strict de contrôle et de traçabilité. Il préconise également que la production soit prioritairement orientée vers les usages industriels ainsi que l’exportation à des fins pharmaceutiques.
Pour le porte-parole du BUREC de Julien Paluku Kahongongya à Butembo, le débat ne devrait donc pas se limiter à la question de l’autorisation ou de l’interdiction du cannabis. Il devrait surtout porter sur les mécanismes à mettre en place pour transformer cette ressource en une filière économique structurée, tout en préservant la santé publique et la protection de la jeunesse.
Jackson AMISI Mbalé, depuis Butembo.

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