Le débat sur le projet de culture du chanvre à des fins médicales dans l’espace Beni-Lubero continue de susciter des réactions. Tout en reconnaissant la nécessité de la prudence et de l’expertise, le juriste Kasereka Kithehi Gerlance Mukute appelle à éviter toute approche fondée sur la peur.
Dans une tribune, ce défenseur des droits des paysans estime que les inquiétudes exprimées notamment par le Kyaghanda Yira méritent d’être entendues et examinées avec sérieux. Toutefois, il juge nécessaire de replacer le débat dans un cadre juridique, scientifique et économique.
Selon lui, la RDC dispose depuis 2022 d’un cadre réglementaire encadrant le cannabis à usage médical et scientifique. L’enjeu ne serait donc pas d’autoriser une culture anarchique, mais de mettre en place une filière strictement contrôlée, sécurisée et susceptible de contribuer au développement économique du pays.
Des experts au cœur du processus
Kasereka Kithehi Gerlance Mukute plaide pour une implication des médecins, chercheurs, agronomes, organisations paysannes et communautés locales dans la réflexion.
Cette expertise collective devrait notamment permettre d’évaluer les éventuels risques sanitaires, agricoles, sécuritaires et fonciers liés à la culture du chanvre médical dans la région de Beni-Lubero.
Le juriste défend également une diversification de l’agriculture dans cet espace. Pour lui, le développement des filières traditionnelles, notamment le café, le cacao, les cultures vivrières, l’élevage et la pêche, ne devrait pas empêcher l’exploration d’autres filières, pour autant qu’elles soient légalement encadrées.
Traçabilité et protection des terres communautaires
Toutefois, il appelle le Gouvernement à mettre en place des mécanismes stricts de contrôle avant toute mise en œuvre.
Il cite notamment la traçabilité de la production, l’identification des producteurs, la protection des terres communautaires ainsi que des dispositifs destinés à empêcher le détournement de la production vers le marché illicite.
Tout en apportant son soutien à l’initiative portée par le ministre d’État à l’Agriculture, Muhindo Nzangi Butondo, Kasereka Kithehi précise que cet appui ne constitue pas un « chèque en blanc ».
Il réclame davantage de transparence, de consultations avec les communautés locales et d’études approfondies afin que cette éventuelle filière ne se développe pas au détriment des populations rurales.
Pour ce juriste défenseur des droits des paysans et des personnes vivant et travaillant dans les zones rurales, le débat sur le chanvre médical doit donc dépasser les amalgames.
Il appelle ainsi à privilégier une approche fondée sur le droit, la science, la sécurité, la transparence et l’intérêt des communautés rurales, plutôt que sur la peur ou la précipitation.
AMISI Jackson, depuis Butembo.

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