RDC : La terre et l’eau, des richesses capables de transformer l’économie congolaise [Analyse de Amani Bugondo Landry ]

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La République démocratique du Congo dispose d’immenses ressources naturelles souvent associées à son sous-sol minier. Pourtant, pour plusieurs observateurs, l’avenir économique du pays pourrait également reposer sur deux richesses tout aussi stratégiques : sa terre fertile et ses abondantes ressources en eau.

Dans une réflexion publiée par l’analyste Amani Bugondo Landry, l’accent est mis sur le potentiel agricole et halieutique du pays, considéré comme un levier majeur pour la création d’emplois, la sécurité alimentaire et l’augmentation des recettes nationales.

Selon lui, les lacs Tanganyika et Albert, parmi les plus poissonneux du continent africain, offrent une opportunité exceptionnelle pour développer une véritable industrie de la pêche. L’installation d’unités modernes de transformation et de conservation permettrait non seulement de répondre à la demande locale en produits halieutiques, mais aussi d’exporter des conserves de poissons vers les marchés régionaux et internationaux.

L’auteur estime également que plusieurs provinces congolaises disposent d’atouts agricoles encore sous-exploités. Dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, les conditions climatiques et la fertilité des sols favoriseraient la culture de mangues, d’oranges, de mandarines et de pastèques. Une production à grande échelle pourrait alimenter une industrie locale de jus naturels destinée au marché national et à l’exportation.

Les territoires de Mwenga et Fizi, toujours au Sud-Kivu, sont quant à eux identifiés comme des zones propices à la culture du manioc, une denrée de base pour de nombreuses familles congolaises.

Au Lualaba, notamment sur l’axe Kolwezi-Dilolo, de vastes étendues fertiles pourraient accueillir des cultures de maïs, de manioc, de bananes, de pastèques et d’arbres fruitiers. L’élevage de volailles, de bovins, de chèvres, de lapins ou encore de porcs pourrait également y être développé afin de réduire la dépendance alimentaire des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga vis-à-vis des importations en provenance de la Zambie.

D’autres régions sont également citées pour leur potentiel agricole. Les provinces de la Tshopo, du Kwango, du Kwilu, du Mai-Ndombe et du Kongo-Central pourraient renforcer leur production de manioc afin de contribuer à l’approvisionnement alimentaire de plusieurs provinces du pays.

Le Nord-Kivu, reconnu pour la fertilité de ses terres, dispose quant à lui d’importantes capacités de production de maïs, de haricots, de sorgho, de soja, de pommes de terre et de manioc. Un développement accru de ces filières pourrait non seulement répondre aux besoins locaux, mais aussi approvisionner les provinces voisines.

Au-delà de l’agriculture et de la pêche, la question de l’eau demeure un autre enjeu stratégique. Dotée de l’un des plus grands réseaux hydrographiques du monde, la RDC possède des réserves considérables d’eau douce. Pour Amani Bugondo Landry, cette richesse devrait permettre au pays de développer une industrie nationale de production d’eau potable, réduisant ainsi la dépendance à certaines importations provenant des pays voisins.

Pour l’auteur, ces différents secteurs représentent des opportunités concrètes de diversification économique dans un pays souvent dépendant des revenus miniers. Il soutient que l’exploitation rationnelle de la terre et de l’eau pourrait générer des milliers d’emplois, renforcer la sécurité alimentaire et accroître les exportations.

« Même sans minerais, notre pays est déjà béni et peut se développer », affirme-t-il, appelant les décideurs congolais à investir davantage dans l’agriculture, la pêche et la transformation locale des produits afin de faire de ces ressources un moteur durable de croissance économique.

Lelo

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