Politique : La C64, une coalition de l’opposition ou un bateau sans capitaine ? [Tribune d’Israël NTUMBA]

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La C64 est-elle en train de perdre le cap ? Jusqu’où le capitaine de ce bateau politique encore difficilement identifiable entend-il conduire la population congolaise ? Ces questions taraudent désormais les esprits de plusieurs observateurs de la scène politique congolaise, au regard de l’évolution des démarches de la coalition, dont certaines semblent progressivement s’éloigner de la ligne qui avait suscité une forte adhésion populaire.

À sa création, la C64 s’était imposée autour d’un objectif clairement affiché : faire obstacle à toute tentative du président Félix Tshisekedi de contourner la Constitution et s’opposer à tout projet de changement de la Loi fondamentale.

Cette orientation avait trouvé un écho favorable auprès d’une partie importante de la population. Mais, au fil de temps, cette dynamique semble s’être essoufflée, à la suite de plusieurs initiatives annoncées puis reportées, empêchées ou restées sans suite concrète.

Après l’échec du sit-in du 12 juin, la coalition avait par ailleurs annoncé plusieurs nouvelles actions. Parmi celles-ci figurait notamment une démarche judiciaire visant le chef de l’État, accusé par ses adversaires de vouloir porter atteinte à la Constitution. Cette initiative n’a toutefois produit les effets politiques escomptés.

La C64 avait ensuite envisagé un sit-in au Palais de la Nation, avec pour objectif de remettre un mémorandum au président de la République et de lui demander de renoncer à certaines orientations politiques. Là encore, l’action n’a pas abouti comme annoncé.

Le contexte politique et diplomatique a par ailleurs contribué à modifier le calendrier des actions de la coalition. Entre les appels au dialogue, les démarches des confessions religieuses et les négociations autour des processus de paix, certaines échéances ont été repoussées, alimentant davantage le doute sur la stratégie réelle de la plateforme.

À l’intérieur même de la coalition, les fissures commencent également à apparaître au grand jour. Les accusations et désaccords entre certaines figures de l’opposition, notamment autour d’Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund, Alain Bolodjia et d’autres composantes, donnent l’image d’une structure confrontée à des divergences internes. Le départ d’Alain Bolodjia, qui a notamment qualifié la C64 de « coquille vide », est venu renforcer ces interrogations.

Dès lors, une question s’impose : où en sont réellement la plainte annoncée contre le président de la République et l’ultimatum lancé par la C64 ?

Pour une partie de l’opinion, la multiplication des annonces sans résultats tangibles risque de transformer la coalition en simple instrument de communication politique. Certains vont même loin jusqu’à soupçonner la plateforme de servir, volontairement ou non.

La prochaine échéance annoncée, notamment la perspective d’une mobilisation autour de la rentrée parlementaire du 15 septembre, sera donc particulièrement scrutée. La population congolaise voudra certainement savoir si cette nouvelle action constituera un véritable tournant ou si elle viendra simplement s’ajouter à la longue liste des initiatives annoncées puis abandonnées.

Car au-delà des slogans et des déclarations politiques, une question demeure : la C64 dispose-t-elle encore d’une stratégie capable de produire des résultats concrets, ou navigue-t-elle désormais à vue ? Les questions restent en suspens mais le 15 septembre prochain deteeminara la force de cette coalition selon d’aucuns.

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