Kasaï Central : À Kananga, une ONG locale relie la hausse des viols sur mineures à l’impunité et au chômage

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La recrudescence des cas de violences sexuelles et celles violences basées sur le genre commises contre des filles mineures suscite une vive inquiétude dans la ville de Kananga, au Kasaï Central. Selon plusieurs organisations engagées dans la lutte contre les VBG, les dénonciations se multiplient au point qu’« une semaine ne passe sans qu’un nouveau cas soit signalé ».

Les victimes les plus touchées sont des adolescentes âgées de 9 à 17 ans, une tranche d’âge particulièrement vulnérable face aux violences sexuelles, indique l’Association pour le développement des femmes et des enfants (ADFE), une ONG locale.

Dans un message transmis à Investigateur.net, la coordonnatrice de l’organisation, Rachel Ngalula estime que l’impunité des présumés auteurs et le chômage constituent les principales causes de cette flambée. Elle évoque également la forte dépendance économique des jeunes filles vis-à-vis de leurs parents ou tuteurs.

Pour la structure, lorsque les adolescentes sont dépendantes et ne disposent d’aucune activité génératrice de revenus, certaines peuvent se retrouver contraintes de se livrer sexuellement à des hommes disposant de moyens financiers pour assurer leur survie.

ADFE déplore par ailleurs que de nombreux cas signalés aux structures spécialisées n’aboutissent pas toujours à des sanctions judiciaires. Selon elle, l’absence de poursuites effectives peut encourager la répétition de ces actes, avec des conséquences graves sur la dignité, la santé et l’avenir des victimes.

Face à cette situation, la coordonnatrice de l’organisation propose une réponse articulée autour de trois priorités : « prévenir, punir et autonomiser ».

Elle appelle les structures de protection à renforcer les actions de prévention à travers des campagnes de sensibilisation destinées aux familles, aux écoles et aux communautés, afin de réduire les risques de violences sexuelles.

L’ONG exhorte également les juridictions compétentes à appliquer des sanctions sévères contre les auteurs de viols sur mineures, estimant qu’une justice ferme est indispensable pour décourager ces pratiques.

Enfin, l’Association lance un appel à la mobilisation générale de la population — hommes, femmes et jeunes — pour « se tenir main dans la main » et dire « non aux violences sexuelles et aux pratiques qui détruisent l’avenir des jeunes filles ».

Lebon Mulomba

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