Changement de la Constitution RD Congolaise : la déclaration de la CENCO divise l’église Catholique à Kananga

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La controverse autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo prend désormais une tournure ecclésiastique. Deux déclarations successives de l’Archidiocèse de Kananga exposent au grand jour des divergences inédites au sein de l’Église catholique congolaise.

Le 30 juin, seize prêtres de l’Archidiocèse de Kananga ont publié une mise au point qui tranche avec le message de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) du 19 juin, lequel mettait en garde contre une révision constitutionnelle dans le contexte politique actuel. Les prêtres affirment au contraire que « la révision de la Constitution est constitutionnelle » et soutiennent « le changement éventuel de la Constitution de 2006 » dès lors qu’il respecte les procédures légales.

Le texte va plus loin en appelant au soutien des actions du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qualifiées de « concrètes et palpables » à Kananga et à travers le pays.

Cette prise de position a immédiatement déclenché une vive polémique, certains y voyant un désaveu de la ligne défendue par les évêques de la CENCO, pourtant signée par l’archevêque de Kananga, Mgr Félicien Ntambue Kasembe.

Face à la tempête, le Vicariat général de l’Archidiocèse a réagi le 4 juillet par un message intitulé « Un seul cœur et une seule âme ». Les deux vicaires généraux ont dénoncé des « messages de manipulation » et des « discours de haine » visant l’archevêque, rappelant que sa signature du document de la CENCO relevait de la collégialité épiscopale et ne pouvait être interprétée comme une opposition au chef de l’État.

Tout en appelant à l’unité et à la retenue, ce second communiqué n’a pas éteint la controverse. Au contraire, il a mis en lumière les tensions qui traversent une Église catholique traditionnellement unie sur les grandes questions nationales.

Dans un pays où la parole de l’Église pèse fortement dans le débat public, cette séquence ouvre un nouveau front de discussion : la question de la révision constitutionnelle ne divise plus seulement la classe politique congolaise, elle semble désormais fissurer les rangs mêmes du clergé catholique.

Rédaction

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