RDC: Les États-Unis sanctionnent Joseph Kabila pour soutien au M23 : « architecte de la déstabilisation » de l’Est

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Washington a frappé fort ce jeudi 30 avril 2026. L’ancien président congolais Joseph Kabila est désormais sous sanctions américaines pour son soutien présumé aux rebelles du M23 et de l’AFC. Un coup dur diplomatique et financier pour l’ex-Raïs, accusé de « semer l’instabilité » au Nord-Kivu.

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) vise directement l’ancien chef de l’État. Motif : son appui financier et politique au M23 et à sa branche politico-militaire, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Pour Washington, ces groupes sont les principaux moteurs de la violence et de l’instabilité dans la région.

Les accusations de Washington

Le Trésor américain est précis. Joseph Kabila aurait :

  1. Financé l’AFC pour influencer la situation politique dans l’Est du pays.
  2. Encouragé des militaires des FARDC à déserter pour rejoindre les forces de l’AFC.
  3. Tenté de regagner de l’influence en soutenant un candidat opposé au pouvoir actuel.

Conséquence immédiate : gel de tous ses avoirs aux États-Unis, interdiction de voyager et blocage de toute transaction avec des Américains. « L’action d’aujourd’hui envoie un message clair : nous demanderons des comptes à quiconque fait obstruction aux efforts de paix en RDC », a indiqué le Département d’État.

Kinshasa salue, Kabila silencieux

À Kinshasa, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a salué une mesure longtemps retardée. Pour lui,  » Kabila est l’instigateur, l’initiateur, l’architecte de la déstabilisation du Congo ».

L’ancien président, condamné à mort par contumace en septembre 2025 par la Haute Cour militaire de Kinshasa pour complicité avec le M23, n’a pas encore réagi. Il serait actuellement « en fuite », localisé en Afrique australe après avoir vécu sous la protection du M23 à Goma l’an dernier, selon Kinshasa.

Pression sur les Accords de Washington

Ces sanctions s’inscrivent dans la stratégie américaine pour sauver les Accords de Paix de Washington signés en décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda. L’accord avait volé en éclats peu après sa signature. En mars dernier, Washington avait déjà sanctionné l’armée rwandaise et des hauts gradés pour leur rôle dans l’Est.

« L’administration Trump est fermement engagée à faire en sorte que toutes les parties respectent leurs engagements », précise le communiqué américain. Objectif affiché : « utiliser tous les outils disponibles pour faire avancer une stabilité durable dans la région ».

Pour Joseph Kabila, discret depuis son départ du pouvoir, l’accusation est lourde. Soutenir une rébellion active au Nord-Kivu le rend infréquentable pour les chancelleries occidentales. L’opposition congolaise s’est déjà emparée du dossier, tandis que son camp dénonce un « complot international »

Le M23, lui, perd un parrain présumé au moment où la pression militaire et diplomatique s’intensifie. La guerre de l’Est se joue désormais aussi à coups de sanctions.

Reste une question : quelles preuves détient Washington? L’OFAC ne les détaille pas publiquement. Mais le signal est clair : déstabiliser la RDC a un prix.

Isaac Bin-Ngeve

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