La situation suscite indignation et inquiétude dans la province du Kasaï. Plusieurs élèves filles bénéficiaires du Projet d’Appui à l’Amélioration de la Formation (PAAF) ont été renvoyées , ce mercredi 22 avril, de leurs écoles ce mercredi à Tshikapa, faute de paiement des fonds promis par l’État aux établissements scolaires.
En pleine période de dissertation, ces exclusions mettent en péril la participation des élèves aux épreuves nationales. Les chefs d’établissements exigent désormais des parents le paiement de trois trimestres, une charge financière jugée insoutenable pour de nombreuses familles.
« Les chefs d’établissements sont allés trop vite en chassant les élèves filles bénéficiaires de la bourse faute de réception des fonds », dénonce Félicienne Mbembe, coordonnatrice provinciale de l’Association des Femmes Juristes pour la Défense des Droits de la Femme.
Elle illustre la détresse des familles : « Une femme qui vend des feuilles de manioc pour survivre pensait que sa fille était prise en charge par l’État congolais. Aujourd’hui, on lui demande de payer trois trimestres. Elle ne peut pas s’en sortir. »
La militante alerte sur un risque imminent de déscolarisation massive : « D’ici là, c’est la dissertation. Les enfants ne doivent pas être exclus des épreuves. Plusieurs filles avaient repris l’école grâce à la gratuité. Il faut leur redonner espoir. »
Le PAAF, financé par la Banque mondiale en collaboration avec le gouvernement congolais, est aujourd’hui confronté à des lenteurs administratives. Félicienne Mbembe évoque des procédures financières et logistiques complexes, tout en pointant la responsabilité des autorités éducatives nationales.
Elle critique également les choix initiaux dans la mise en œuvre du projet : « Une première structure avait échoué. Confier l’identification des bénéficiaires à des organisations peu ancrées localement était une erreur. »
Une nouvelle structure, l’ACDHI, a depuis été mobilisée pour relancer le programme. Mais sur le terrain, l’urgence demeure.
« La solution, c’est que le gouvernement honore ses engagements. Chasser les enfants n’est pas une réponse », insiste-t-elle.
Alors que les échéances scolaires approchent, l’avenir de nombreuses jeunes filles reste suspendu au déblocage rapide des fonds.
Massy Muima

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