Kasaï Central : un député passe à l’offensive contre la ministre provinciale de la Santé

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Au Kasaï Central, le contrôle parlementaire prend une tournure plus ferme. Le député provincial, Joseph Nkashama Kayombo, a décidé de franchir un cap décisif dans son bras de fer avec la ministre provinciale de la Santé et de la Prévoyance sociale, Rose Kamueka, restée silencieuse face à ses sollicitations.

Tout part d’une question écrite avec débat adressée par l’élu provincial à la ministre. Ce mécanisme parlementaire, censé permettre aux députés d’obtenir des éclaircissements sur la gestion des affaires publiques, n’a reçu aucune suite. Ce silence prolongé a été perçu par Joseph Nkashama Kayombo comme un manquement aux obligations de redevabilité gouvernementale.

Selon des sources parlementaires, cette question portait notamment sur la gestion globale du secteur de la santé dans la province : fonctionnement des structures sanitaires, utilisation des fonds publics, disponibilité des médicaments essentiels, ainsi que les conditions de travail du personnel médical.

Face à l’absence de réaction, le député a activé une procédure plus contraignante prévue par le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale. En se référant à l’article 187, alinéa 2, il a transformé sa question écrite en une interpellation officielle.

Contrairement à une simple question écrite, l’interpellation oblige la ministre à comparaître devant les députés provinciaux pour fournir des explications détaillées. Elle ouvre également la voie à un débat public en plénière, où les élus pourront poser des questions complémentaires et exiger des réponses précises.

Ce mécanisme constitue l’un des outils les plus puissants du contrôle parlementaire au niveau provincial, pouvant aller jusqu’à des recommandations formelles, voire à des sanctions politiques si les réponses fournies sont jugées insatisfaisantes.

Par cette démarche, Joseph Nkashama Kayombo entend réaffirmer le rôle de l’Assemblée provinciale comme organe de contrôle de l’exécutif. Il s’agit, selon lui, de garantir une gestion transparente et efficace d’un secteur vital pour la population.

Dans une province où les défis sanitaires restent importants — accès limité aux soins, insuffisance d’infrastructures, pénurie de personnel qualifié — cette interpellation intervient dans un contexte de fortes attentes citoyennes.

La ministre Rose Kamueka, membre du gouvernement dirigé par le gouverneur Joseph Moïse Kambulu Nkonko, se retrouve désormais sous pression. Elle devra répondre publiquement aux préoccupations soulevées, sous le regard des élus et de l’opinion.

Cette séquence politique pourrait marquer un tournant dans les relations entre l’Assemblée provinciale et l’exécutif, en renforçant les exigences de transparence et de responsabilité.

Au-delà du cas spécifique du secteur de la santé, cette initiative pourrait faire jurisprudence au sein de l’Assemblée provinciale du Kasaï Central. Elle envoie un signal clair aux membres du gouvernement provincial : le non-respect des mécanismes de contrôle ne restera pas sans conséquence.

Reste à savoir si cette interpellation débouchera sur des mesures concrètes pour améliorer la gouvernance du système de santé, ou si elle s’inscrira simplement dans une dynamique politique plus large entre institutions provinciales.

Jacques Kalengayi Shambuyi

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