Lubero : Le secrétaire administratif du groupement Mbulié temoigne des bonnes relations civilo-militaires dans son entité

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Dans le groupement Mbulié, en chefferie des Batangi, territoire de Lubero (Nord-Kivu), les autorités civiles et militaires affichent une volonté commune de consolider la collaboration entre la population et les forces de défense.

Une dynamique saluée par le secrétaire administratif du groupement, Evariste Katembo Bwakya, qui se félicite des avancées enregistrées ces derniers mois.

Ce climat intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile dans une région où les FARDC sont en ligne de front contre les rebelles du M23-AFC. Face à cette menace, plusieurs habitants des villages de Kanyatsi, Kaviru, Luvugha-Vugha, Kivale et d’autres localités environnantes avaient fui vers des entités jugées plus sûres, notamment vers la commune rurale de Lubero chef lieu du territoire portant le même nom.

Après des assurances sécuritaires données par les autorités, les déplacés ont regagné leurs villages les mois passés. Toutefois, leur retour n’a pas été sans difficultés. Plusieurs familles ont constaté que des militaires occupaient leurs habitations sans contrat de location, une situation à l’origine de tensions et d’incompréhensions entre civils et forces armées.

Pour désamorcer la crise, les autorités civiles du groupement Mbulié, en concertation avec les responsables militaires déployés dans la zone, ont engagé un dialogue. Il en est ressorti une décision claire : tout militaire ou dépendant occupant une maison appartenant à un civil doit désormais s’acquitter des frais de loyer.

Selon Evariste Katembo Bwakya, cette mesure a rapidement porté ses fruits. « Cette solution a contribué à cimenter les relations entre civils et militaires », affirme-t-il. Il souligne que des activités communautaires, notamment les travaux d’intérêt collectif (salongo), sont désormais organisées conjointement, signe d’un climat d’apaisement progressif.

Le secrétaire administratif précise également que tout cas de tracasserie signalé est systématiquement porté à la connaissance du responsable militaire compétent pour un rappel à la discipline. Une approche qui, selon lui, favorise la redevabilité et limite les abus individuels.

Evariste Katembo Bwakya appelle ainsi la population à faire confiance aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il reconnaît que certains éléments peuvent se rendre coupables de dérapages, mais insiste sur le fait qu’il ne faut pas généraliser ces comportements à l’ensemble des troupes.

Dans une région où les militaires sont régulièrement accusés d’exactions et de tracasseries, ce témoignage apparaît comme l’un des rares à mettre en avant une coopération réussie entre civils et forces régulières. Pour les autorités locales, le renforcement de cette relation civilo-militaire constitue un levier essentiel pour faire face aux groupes armés et restaurer durablement la sécurité dans le territoire de Lubero.

AMISI Jackson de retour de Lubero

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