Lors d’une conférence-débat organisée par le député honoraire Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, les leaders communautaires et les participants ont été invités à examiner de près les mécanismes de paix élaborés à Washington, Doha et Luanda, tous présentés comme des cadres de résolution du conflit qui oppose la RDC au Rwanda, notamment autour des mouvements M23 et ADF. Si certains estiment que ces accords ont permis d’avancer sur le dossier régional, d’autres dénoncent des zones d’ombre et des limites majeures qui pourraient attirer l’attention sur des enjeux non résolus au niveau local.
Le député national honoraire de la législature 2019-2023, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, a ouvert le débat en revenant sur plusieurs points sensibles qui, selon lui, méritent une révision approfondie. Il a notamment insisté sur la permanence de la menace du FDLR et sur le caractère potentiellement destabilisateur de certains éléments transfrontaliers qui pourraient s’étendre jusqu’à Ituri.
« Le retour des réfugiés congolais basés au Rwanda et en Ouganda constitue une menace pour le territoire de Lubero, Beni et Mambasa. Le processus de Doha viole l’accord de Washington au moment où les autorités locales n’y sont pas impliquées », a-t-il déclaré devant un auditoire composé de responsables communautaires et d’élus locaux.
Le discours de Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa était émaillé d’analyses qui visaient à éclairer des zones d’ombres dans les textes des accords et à proposer des pistes concrètes pour améliorer l’impact sur le terrain.
Les participants ont salué l’effort de transparence et de dialogue entre les communautés locales et les acteurs politiques, tout en appelant à une meilleure synchronisation entre les accords internationaux et les réalités du terrain.
La conférence a aussi mis en lumière les tensions entre les mécanismes de paix internationaux et les besoins d’adhésion locale. Si Washington, Doha et Luanda restent des cadres importants pour les efforts diplomatiques, la mise en œuvre pratique exige une appropriation locale plus forte, des évaluations régulières et une coordination accrue entre les autorités provinciales, les organisations communautaires et les partenaires étrangers.
Les appels à un processus de paix plus inclusif et plus transparent se poursuivront dans les prochaines semaines, avec une attention particulière sur l’intégration réelle des autorités locales dans les négociations, la clarification des mandats des délégations régionales et l’amélioration de la protection des civils dans les zones affectées par le conflit. Les observateurs soulignent que l’efficacité des accords dépendra de leur capacité à s’adapter aux réalités du terrain et à maintenir un équilibre entre les obligations internationales et la souveraineté locale.
Graciano Nguomoja, Beni

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