Forum de paix à Beni : un engagement multisectoriel pour un avenir sans ADF

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La troisième et dernière journée du forum provincial de paix consacré à la problématique des ADF s’est clôturée sur une note d’engagement collectif. Acteurs locaux, autorités provinciales, représentants nationaux et partenaires internationaux ont réaffirmé leur détermination à mutualiser leurs efforts pour restaurer durablement la sécurité dans l’est de la République démocratique du Congo.

Vigilance et fermeté face à l’insécurité

Dans son allocution, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a appelé la population à la vigilance, évoquant un contexte marqué par la circulation de messages de désinformation et par la persistance de la menace des ADF.

« Les ADF ont fait beaucoup de mal, causé de nombreuses pertes en vies humaines. Nous allons rétorquer avec force », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’un sursaut collectif.

Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise actif depuis plusieurs années dans la région de Beni, sont accusés de multiples attaques contre les civils, contribuant à l’instabilité chronique de la zone.

Ressources naturelles et financement des groupes armés

Autre point majeur abordé lors des travaux : l’économie illicite autour du Parc national des Virunga.
Le directeur de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), Emmanuel De Merode, a souligné que l’exploitation illégale de la braise (makala), du bois, du cacao et de l’or constitue un facteur déterminant dans la persistance du terrorisme dans la région.

Selon lui, ces filières profiteraient aux ADF ainsi qu’à d’autres groupes armés actifs dans les environs des Virunga, alimentant un cycle de violence et d’économie parallèle difficile à démanteler.

Des recommandations vers un plan d’action concret

Après les différentes présentations, les participants se sont réunis en commissions thématiques afin de formuler des pistes de solutions adaptées à la réalité du terrain.

Les rapports issus de ces groupes de travail ont été présentés en plénière. Ils seront analysés par des équipes techniques dans la perspective d’élaborer un plan provincial multisectoriel de lutte contre les ADF.
Cette approche vise à combiner : action sécuritaire ; assainissement des circuits économiques illégaux ; coopération régionale ; implication accrue des communautés locales.

Une clôture sous le sceau de l’engagement institutionnel

La cérémonie de clôture a été présidée par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, en présence notamment du représentant de la délégation ougandaise (UPDF) et de la représentante du Secrétaire général des Nations unies en RDC.

Au terme de trois jours d’échanges, un constat s’impose : la réponse à la menace des ADF ne peut être exclusivement militaire. Elle exige une stratégie globale intégrant sécurité, gouvernance économique et cohésion sociale.

À Beni, les engagements sont désormais posés. Le défi reste leur mise en œuvre effective sur le terrain.

Graciano Ngoumoja depuis Béni

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