Plus de cinq mois après sa mise en place, la commission ad hoc et mixte chargée d’auditer le financement des travaux d’asphaltage du tronçon La Concorde–Rughenda, communément appelé rue Enock Nyamwisi, n’a toujours pas rendu publiques ses conclusions.
Une situation que dénonce Maître Sekera Kasereka Kivasubwamo, avocat et citoyen engagé de la ville de Butembo. Instituée le 14 août 2025 par le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, cette commission avait pour mission d’examiner le budget alloué aux travaux d’asphaltage de ce tronçon stratégique long d’environ trois kilomètres.
À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite sur les résultats de cet audit.
Une correspondance pour exiger la transparence
Dans une correspondance citoyenne déposée vendredi 6 février 2026 au cabinet du chef de l’exécutif provincial, Maître Sekera exige la publication sans délai du rapport, estimant que la population est en droit d’être informée sur la gestion des fonds publics engagés.
L’avocat rappelle également avoir, dans une lettre datée du 13 août 2025, sollicité une contre-expertise du budget initialement prévu pour ces travaux.
Un coût jugé excessif
Au cœur de ses préoccupations figure le montant global annoncé pour le projet, évalué à
7 514 884 dollars américains, soit environ
2 504 961 dollars par kilomètre.
Maître Sekera juge ce coût disproportionné au regard d’autres projets similaires réalisés dans la ville.
« Il n’est pas normal qu’un tronçon de seulement trois kilomètres coûte plus de sept millions de dollars, alors que l’asphaltage de la rue Denis Paluku (ex-rue d’Ambiance) et du boulevard Julien Paluku (ex-rue Kinshasa) avait nécessité environ 650 000 dollars américains », écrit-il.
Proposition de réaffectation budgétaire
L’avocat propose qu’un budget révisé de trois millions de dollars soit affecté à l’ensemble du tronçon concerné. Le reliquat estimé à 4 514 884 dollars pourrait, selon lui, être réorienté vers d’autres voiries urbaines de Butembo, confrontées à la poussière en saison sèche et à la boue en période pluvieuse.
Il souligne également que certaines infrastructures routières d’envergure réalisées par des entreprises chinoises, réputées pour la qualité de leurs ouvrages, n’ont pas atteint un tel niveau de financement.
Appel à la responsabilité des autorités
En attendant la réaction officielle des autorités provinciales, Maître Sekera en appelle à la redevabilité institutionnelle.
« Nous prions le Gouverneur de rendre public le rapport de la commission d’audit mise en place le 14 août 2025 afin de statuer définitivement sur cette question », conclut-il.
Un débat relancé sur la gouvernance financière
Cette sortie relance le débat sur la transparence dans la gestion des projets publics à Butembo, où plusieurs chantiers d’intérêt communautaire sont en cours, ainsi que sur l’efficacité des commissions d’enquête souvent annoncées mais dont les conclusions tardent à être rendues publiques.
Signature :
Amisi Jackson

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