Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a réaffirmé sa position sur la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), estimant que la priorité absolue reste la fin de l’agression rwandaise, avant toute initiative de dialogue national.
« La priorité, c’est d’abord de mettre fin à l’agression rwandaise. Le dialogue viendra après »,
a déclaré le célèbre gynécologue congolais, figure emblématique de la lutte pour la paix et les droits humains.
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des violences armées dans l’Est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les affrontements impliquant le mouvement rebelle M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda, continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et de graves violations des droits humains.
Pour Denis Mukwege, engager un dialogue politique sans mettre fin aux causes profondes de l’insécurité reviendrait à légitimer l’agression extérieure et à fragiliser davantage la souveraineté nationale.
Il estime que toute démarche de concertation entre Congolais doit se faire dans un climat apaisé, débarrassé des pressions militaires étrangères.
Un message fort à la classe politique et à la communauté internationale
À travers cette prise de position, le Dr Mukwege interpelle à la fois les autorités congolaises, les acteurs politiques nationaux et la communauté internationale, qu’il appelle à prendre leurs responsabilités face à une crise qu’il qualifie de guerre d’agression aux conséquences humanitaires dramatiques.
Depuis plusieurs mois, des voix s’élèvent au sein de la classe politique, de la société civile et des confessions religieuses pour réclamer un dialogue national inclusif. Si Denis Mukwege ne rejette pas le principe du dialogue, il insiste toutefois sur la nécessité de rétablir d’abord la sécurité et l’intégrité territoriale du pays.
Un débat qui divise l’opinion
La position du Nobel congolais relance le débat sur l’opportunité d’un dialogue dans un contexte de guerre.
Pour certains observateurs, dialoguer sans régler la question sécuritaire pourrait affaiblir la position de l’État congolais.
Pour d’autres, le dialogue demeure un outil indispensable pour renforcer la cohésion nationale face aux défis multiples auxquels le pays est confronté.
En attendant, la déclaration de Denis Mukwege résonne comme un rappel ferme : sans paix ni sécurité, aucun processus politique durable ne peut véritablement aboutir.

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