Éboulement meurtrier à la mine de Rubaya : plus de 200 morts, le gouvernement accuse le Rwanda et le M23/AFC

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Un nouvel éboulement survenu dans le périmètre minier de Rubaya, en territoire de Masisi (Nord-Kivu), a causé la mort de plus de 200 personnes, majoritairement des creuseurs artisanaux.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo qualifie ce drame de conséquence directe de « l’exploitation sauvage et illégale des ressources naturelles congolaises ».

Dans une déclaration officielle, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, pointe du doigt la responsabilité du Rwanda et du mouvement M23/AFC, qu’il accuse d’imposer une exploitation intensive et dangereuse du site.

« Les victimes, principalement des creuseurs artisanaux, ont été contraintes à d’intenses travaux dans des conditions extrêmement périlleuses », a indiqué le porte-parole du gouvernement.

Le gouvernement rappelle que le périmètre minier de Rubaya avait été classé “zone rouge” par un arrêté du ministre des Mines.

Ce statut interdit formellement toute activité d’exploitation ou de commercialisation des substances minérales, y compris l’exploitation artisanale.

« Les activités de creusage menées sur ce site s’effectuent en violation flagrante de la loi et sans respect d’aucune norme de sécurité », souligne la même source.

Ce drame s’inscrit dans une série noire. En juin 2025, plus de 300 civils avaient déjà perdu la vie dans des circonstances similaires sur le même site minier, sans que des mesures dissuasives efficaces ne soient mises en œuvre.

Selon les chiffres avancés par le gouvernement congolais, entre 112 et 125 tonnes de coltan seraient extraites chaque mois dans ces conditions illégales à Rubaya, avant d’être acheminées exclusivement vers le Rwanda.

Cette situation se refléterait dans les statistiques commerciales régionales : le Rwanda aurait enregistré une augmentation de plus de 200 % de ses exportations de coltan entre janvier et juin 2025, une progression jugée incompatible avec ses réserves naturelles officiellement connues.

Face à ces faits, Kinshasa dénonce « la faillite manifeste des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité des minerais », ainsi que « l’imprudence des acheteurs finaux et des acteurs économiques internationaux » qui continuent de s’approvisionner auprès du Rwanda.

Le gouvernement congolais affirme qu’il poursuivra la documentation systématique de ces violations et réitère sa détermination à rétablir l’autorité de l’État et à mettre un terme définitif à toute exploitation illégale des ressources naturelles nationales.

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