La polémique enfle entre le pouvoir congolais et l’Église catholique, après l’homélie de Noël de Mgr Fulgence Muteba, accusant le régime Tshisekedi d’avoir bradé les ressources minières du pays. En réponse aux démentis du ministre Patrick Muyaya, l’opposant Olivier Kamitatu est monté au créneau ce 27 décembre 2025, prenant vigoureusement la défense du prélat.
Pour Kamitatu, la virulence de la réaction gouvernementale démontre un malaise profond. Il accuse l’exécutif de chercher à détourner l’attention des Congolais des vraies questions :
« Accuser un pasteur de mensonge pour masquer le bradage des richesses nationales ? Voilà la marque d’un pouvoir aux abois », a-t-il tweeté.
L’opposant a également critiqué l’usage du verset biblique Éphésiens 4:25 par Muyaya, estimant qu’il s’applique mieux aux gouvernants :
« Quelle audace ! Quel culot ! Ce verset s’adresse d’abord à ceux qui gouvernent dans l’ombre, signent des accords secrets et mentent au peuple », a-t-il écrit, en invitant plutôt à méditer Proverbes 29:2.
Kamitatu n’écarte pas l’argument du gouvernement selon lequel l’accord ne mentionne pas explicitement une durée de 99 ans. Mais il insiste sur le manque de transparence et invite à un débat public :
« Le gouvernement conteste ce chiffre ? Que le peuple juge. »
Il accuse l’exécutif d’avoir négocié des accords sans consultation ni débat parlementaire, renforçant les soupçons d’opacité.
Au-delà des aspects techniques, Kamitatu appuie la portée morale du message de Mgr Muteba, rappelant les propos du pape François :
« L’Afrique n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. »
Cette sortie de Kamitatu relance le débat sur la gestion des ressources naturelles, la transparence de l’État et le rôle de contre-pouvoir de l’Église dans une RDC secouée par la guerre à l’Est et des tensions politiques croissantes.

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