La République démocratique du Congo reste confrontée à de profondes divisions politiques et sociales qui, selon Maître Jean-Louis Ilanga, risquent d’aggraver la fragmentation du pays si elles ne sont pas traitées à travers une démarche politique globale et inclusive.
Dans une analyse qui mérite une lecture attentive, cet avocat dresse un tableau préoccupant de la situation politique congolaise. Il estime que le pays est aujourd’hui structuré autour de plusieurs forces antagonistes, dont les positions rendent particulièrement complexe la recherche d’une paix sociale durable.
Selon Maître Jean-Louis Ilanga, la configuration politique actuelle de la RDC peut être résumée autour de quatre principaux ensembles : le régime en place, l’opposition non armée accompagnée de la résistance, une société civile divisée entre différents camps et, enfin, une opposition armée.
Pour lui, cette réalité traduit une fragmentation qui dépasse largement le cadre des rivalités partisanes. Elle touche directement à la cohésion nationale et à la stabilité du pays.
« Présentement, la RDC politiquement s’est divisée », analyse-t-il, avant de relever que, sur le plan du maintien de la paix sociale, cette situation pourrait conduire à une forme de « balkanisation » politique du pays.
Le juridique ne suffirait plus à régler la crise
Maître Jean-Louis Ilanga estime par ailleurs que les mécanismes strictement juridiques ne peuvent, à eux seuls, mettre fin à une crise dont les racines sont profondément politiques et sociales.
Selon lui, tant que la question du dialogue social demeure non résolue ou ne l’est que partiellement, la portée des solutions juridiques reste limitée.
« Tant que la question du dialogue social persiste et n’est résolue que partiellement, la question juridique n’a plus de force », soutient-il.
Cette lecture l’amène à défendre la nécessité d’un dialogue inclusif inter-Congolais, capable de réunir les différentes composantes de la nation autour des causes profondes de la crise.
Un dialogue inclusif comme voie de sortie
Pour l’avocat, le dialogue ne devrait pas se limiter à des négociations entre acteurs politiques. Il devrait également intégrer les différentes sensibilités de la société congolaise afin de rechercher une solution susceptible de restaurer la confiance et la cohésion nationale.
Il estime que cette démarche doit notamment être envisagée à la lumière de l’article 5 de la Constitution, qui consacre le principe de la souveraineté du peuple.
L’objectif, selon cette approche, serait de replacer le citoyen au centre de la recherche d’une solution à la crise et d’éviter que les rapports de force politiques ou militaires ne continuent à déterminer seuls l’avenir institutionnel du pays.
Maître Jean-Louis Ilanga remonte également à 2018, période à partir de laquelle il estime que la RDC serait entrée dans une dynamique de « conflit négatif » dont les effets continuent de se faire sentir.
Cette situation aurait, selon lui, contribué à installer une crise de confiance et de légitimité entre Congolais.
D’où son appel à ne pas analyser la crise uniquement sous l’angle institutionnel. Il invite à porter également « un œil regardant » sur l’aspect social du conflit, afin de comprendre les frustrations, les antagonismes et les revendications qui entretiennent les divisions.
Pour Maître Jean-Louis Ilanga, toute initiative visant à sortir la RDC de cette crise doit donc commencer par une compréhension globale de ses causes et de ses différentes composantes.
La question du dialogue national apparaît ainsi, dans son analyse, comme un enjeu dépassant les intérêts des seuls acteurs politiques. Elle touche à la cohésion de la nation et à la capacité des Congolais à trouver, eux-mêmes, un terrain d’entente sur l’avenir du pays.
Son message est clair : sans un dialogue véritablement inclusif, prenant en compte la dimension politique, sociale et sécuritaire de la crise, la RDC risque de rester enfermée dans un cycle de divisions et de confrontation.
Au-delà des divergences entre les différents camps, l’enjeu demeure donc celui de la recherche d’un cadre permettant de restaurer la confiance, de préserver la paix sociale et de consolider l’unité nationale.
Lelo

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