Le prix du carat de diamant connaît une baisse spectaculaire dans la province du Kasaï. Sur les sites d’exploitation artisanale de Tshikapa, un carat qui se négociait autrefois autour de 1 000 dollars américains s’échange désormais à près de 200 dollars, soit une chute estimée à 80 %, selon plusieurs acteurs du secteur.
Les négociants et exploitants attribuent cette situation à la raréfaction progressive du minerai sur les zones de production ainsi qu’aux évolutions du marché international du diamant.
« Avant, avec 1 000 USD le carat, on pouvait vivre décemment. Aujourd’hui, à 200 USD, il devient difficile de couvrir même les frais d’exploitation. Le diamant se fait rare et le prix a fortement chuté », a déclaré Dani Ilunga, négociant à Tshikapa.
Selon lui, l’essor de la production de diamants synthétiques constitue également un facteur majeur de cette baisse.
« Les Chinois commencent déjà à fabriquer le diamant en laboratoire. Ce diamant de synthèse inonde le marché mondial et tire les prix vers le bas. C’est l’une des causes principales de la baisse que nous subissons ici », a-t-il expliqué.
Cette dégringolade des prix affecte directement les revenus des creuseurs artisanaux, des négociants et de nombreux ménages dont les activités dépendent de la filière diamantifère, pilier économique de plusieurs territoires du Kasaï.
Face à cette situation, les professionnels du secteur appellent les autorités compétentes à renforcer la régulation du marché, à lutter contre la fraude et à mettre en place des mécanismes susceptibles de stabiliser les cours afin de préserver les revenus des acteurs de la chaîne de valeur du diamant.
Passy Muima

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