Neuf ans après le massacre de Tshisuku, dans le territoire de Kazumba au Kasaï Central, la douleur des familles des victimes reste intacte et les attentes de justice demeurent sans réponse. Dans un communiqué publié à l’occasion du 9ᵉ anniversaire de cette tragédie survenue le 7 mai 2017, la Société Congolaise pour l’État de Droit (SCED) dénonce l’abandon du dossier judiciaire ainsi que l’état de dégradation avancée du mémorial érigé en mémoire des victimes.
Selon la SCED, des civils innocents avaient été tués lors d’une opération attribuée aux forces de défense et de sécurité au marché de Tshisuku. Dix corps, exhumés dans le cadre des enquêtes de la justice militaire, avaient ensuite été réinhumés dans un mémorial destiné à préserver la mémoire collective et rappeler le devoir de justice de l’État congolais.

Mais aujourd’hui, affirme l’organisation, ce lieu symbolique est laissé à l’abandon. Les cercueils seraient rongés par les termites, faute d’entretien et de protection adéquate. Pour les défenseurs des droits humains, cette situation illustre “l’abandon moral et judiciaire” auquel font face les survivants et les proches des victimes.
La SCED regrette également la lenteur de la procédure judiciaire. Ouvert par l’Auditorat Militaire Supérieur de l’ex-Kasaï Occidental puis transféré à l’Auditorat Général des FARDC depuis 2019, le dossier n’aurait toujours pas été renvoyé devant la Haute Cour Militaire.
L’organisation critique en outre l’inaction de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, mise en place depuis 2021 pour faire la lumière sur les violences qui ont secoué la région du Kasaï. Selon elle, l’opérationnalisation du mandat de cette commission “avance à pas de tortue”, alors que les familles continuent d’attendre vérité, justice et réparation.
Dans son plaidoyer, la SCED appelle le gouvernement congolais ainsi que la communauté internationale à soutenir davantage les mécanismes de justice transitionnelle, conformément aux résolutions du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
“ Sans la vérité, il ne peut y avoir justice. Et sans justice, il ne peut y avoir réparation”, rappelle l’organisation dans son communiqué signé à Kananga par son Directeur général, Dominique Kambala Nkongolo.
Rédaction

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