RDC-Rwanda : Vives tensions autour de l’utilisation des fréquences télécomsKinshasa hausse le ton face à Kigali.

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Le gouvernement congolais dénonce ce qu’il qualifie d’utilisation illégale des fréquences nationales par le Rwanda, dans un dossier jugé sensible tant sur le plan technique que diplomatique.

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a convoqué en urgence le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda, afin d’obtenir des explications détaillées sur cette situation préoccupante.

Selon le ministre, l’alerte porte sur l’opérateur rwandais MTN :
« MTN/Rwanda commence à utiliser nos fréquences sans avoir d’autorisation.»
Pour cette séance de travail à la Primature, José Mpanda était accompagné du président de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) ainsi que des représentants des principaux opérateurs actifs en RDC, notamment Airtel, Orange et Vodacom, directement concernés par l’intégrité du spectre national.

Mesures immédiates décidées

À l’issue de la réunion, la cheffe du gouvernement a donné des orientations fermes, articulées autour de trois axes principaux :
Prise en charge technique immédiate du dossier par l’ARPTC
Saisine des instances internationales compétentes, en charge de la régulation du spectre radioélectrique
Évaluation approfondie de l’impact de cette situation sur la souveraineté numérique de la RDC
Un enjeu de souveraineté nationale
Les fréquences télécoms constituent une ressource stratégique relevant de la souveraineté des États.

Leur attribution et leur exploitation obéissent à des règles internationales strictes, encadrées notamment par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Toute utilisation sans autorisation peut être considérée comme une violation des normes de gestion du spectre radioélectrique, avec des conséquences techniques (interférences, perturbations de réseau) mais aussi politiques et sécuritaires.

Un dossier sensible dans un contexte régional tendu

Cette affaire intervient dans un climat déjà marqué par de fortes tensions entre la RDC et le Rwanda, particulièrement autour de la situation sécuritaire dans l’Est congolais.

Dans ce contexte, Kinshasa semble vouloir traiter le dossier à la fois sur les plans technique, juridique et diplomatique, afin de défendre l’intégrité de son espace numérique et de prévenir toute escalade supplémentaire.

Le suivi des démarches engagées auprès des instances internationales et l’évolution des échanges bilatéraux seront déterminants pour la suite de ce contentieux aux implications stratégiques.

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